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Le président Trump tente d'éviter l'échec de l'abrogation d'Obamacare au Congrès


Vue générale du Capitole des États-Unis qui sert de siège du Congrès, à Washington, D.C.

Donald Trump poursuivait ses négociations afin d'épargner à la première grande loi de son mandat, qui remplace la réforme de santé "Obamacare", un échec humiliant lors d'un vote crucial prévu dans la journée, sur lequel sa majorité se déchire.

Promulguée il y a sept ans jour pour jour, la loi sur l'assurance-maladie de Barack Obama est depuis la cible prioritaire des républicains, symbole selon eux d'une socialisation de la médecine à l'Européenne.

A chaque échéance électorale, ils ont promis aux Américains de l'abroger dès qu'un républicain siégerait à la Maison Blanche. C'est le cas depuis le 20 janvier, mais la promesse est plus difficile à tenir que prévu.

L'opposition vient de la minorité démocrate, sans surprise, mais aussi de quelques républicains modérés et d'un groupe plus intransigeant d'ultra-conservateurs, avec qui les chefs de groupe négocient quasiment nuit et jour.

Le vote est prévu jeudi à la Chambre des représentants, mais aucun horaire n'a été fixé et, signe de la frénésie ambiante, le texte final n'avait pas encore été publié dans la matinée de jeudi.

Pour les modérés, abroger Obamacare est inacceptable si cela conduit à une hausse du coût de la santé et une perte de couverture pour des millions de personnes --ce que le plan républicain provoquerait, selon les experts les plus respectés.

Pour les ultra-conservateurs tendance libertarienne, regroupés au sein du "Freedom Caucus", la loi élaborée par les chefs républicains ne va pas assez loin dans le désengagement public d'un marché qui devrait, selon eux, être entièrement privé, sans interférence de l'Etat fédéral.

Ces derniers seront reçus à 11H30 à la Maison Blanche pour une ultime séance de négociation.

Les arguments de Donald Trump portent moins sur le contenu du projet républicain que sur les conséquences électorales en cas d'échec. A moitié sur le ton de la plaisanterie, il a prévenu les rebelles de répercussions.

Mais les frondeurs utilisent la même stratégie de la corde raide que celle du Tea Party durant les grands affrontements budgétaires de la présidence Obama, ce qui avait provoqué la paralysie de l'Etat fédéral pendant deux semaines en octobre 2013.

Ils exigent une abrogation totale d'Obamacare, alors que les républicains veulent maintenir des dispositifs d'aides publiques et des réglementations visant à assurer un minimum de couverture pour les gens qui ne sont pas assurés via leur employeur.

Par exemple, les plus conservateurs aimeraient supprimer l'obligation pour les assureurs de couvrir les 10 services essentiels instaurés par Obamacare, notamment les urgences, la grossesse et la maternité, et la santé mentale. Le but, disent-ils, est de faire baisser le prix de l'assurance pour les Américains qui ne voudraient pas se couvrir contre ces risques.

"Je reste opposé à la loi", a maintenu jeudi matin Thomas Massie, républicain du Kentucky. "C'est pire qu'Obamacare", a-t-il dit sur MSNBC. "Mon objection majeure est qu'elle ne fera pas baisser le prix de l'assurance ou de la santé".

"Le vote va échouer", a asséné le sénateur républicain Mike Lee.

De l'autre côté, le leader des modérés, Charlie Dent, a annoncé qu'il voterait lui aussi contre.

Alors les stratèges républicains sondent en permanence leurs troupes (237 républicains sur 430 élus de la Chambre) dans l'espoir de trouver une majorité.

Si le texte était adopté par la Chambre, le Sénat l'examinera la semaine prochaine, et il est acté que les sénateurs l'amenderont profondément.

Dans la matinée, le prédécesseur de Donald Trump a publié un long communiqué marquant le septième anniversaire de sa réforme.

L'Affordable Care Act, malgré son coût pour les finances publiques, a permis de réduire de 16% à 9% de la population la proportion de gens vivant sans assurance-maladie, soit plus de 20 millions d'Américains, une baisse historique.

"Tout changement apporté à notre système de santé doit le rendre meilleur, pas pire pour les travailleurs américains", a déclaré Barack Obama, resté quasiment invisible depuis le 20 janvier.

L'enjeu, pour Donald Trump, dépasse le seul domaine de la santé. Son bilan reste mince depuis son arrivée au pouvoir. Et les républicains ont toujours répété que l'abrogation d'Obamacare était la condition préalable à la grande réforme fiscale qu'ils veulent adopter cette année.

Avec AFP

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