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Syrie : près de 60 civils tués dans des raids de la coalition


Des gens font la queue pour avoir du pain à Al-Shaar, un quartier d'Alep contrôlé par les rebelles, en Syrie, le 14 juillet 2016.

Des gens font la queue pour avoir du pain à Al-Shaar, un quartier d'Alep contrôlé par les rebelles, en Syrie, le 14 juillet 2016.

Près de 60 civils dont des enfants ont péri mardi dans des raids de la coalition menée par les Etats-Unis près d'un village tenu par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans la province d'Alep en Syrie, selon une ONG.

Ailleurs dans cette province du nord du pays ravagé par la guerre, les bombardements aériens intenses se sont poursuivis contre les quartiers tenus par les rebelles dans la capitale éponyme et assiégés par les forces prorégime, selon un correspondant de l'AFP sur place.

A quelque 100 km au nord-est de la ville d'Alep, des avions de la coalition ont mené à l'aube des frappes alors que les habitants fuyaient les combats dans le village d'al-Toukhar, près du fief jihadiste de Minbej, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Il y a eu au moins 56 morts civils, dont 11 enfants, et des dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints", a précisé M. Abdel Rahmane dont l'ONG s'appuie sur un vaste réseau de sources médicales et de militants à travers le pays.

Interrogée par l'AFP, la coalition n'a pas commenté dans l'immédiat mais a affirmé qu'elle vérifierait ces informations.

"C'est vraisemblablement une erreur", a dit M. Abdel Rahmane, alors que les avions de la coalition visent les jihadistes dans et autour du village d'al-Toukhar situé à 14 km au nord de Minbej, un fief assiégé de l'EI par les forces arabo-kurdes syriennes antijihadistes.

Déjà lundi, au moins 21 civils ont péri dans des raids de la coalition sur Minbej et al-Toukhar, selon l'OSDH.

Minbej est visée depuis le 31 mai par une offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, qui cherchent à la reprendre.

- Contre-attaques de l'EI -

La coalition internationale frappe quotidiennement la cité qui compte encore des dizaines de milliers de civils et où les FDS sont parvenues à pénétrer. Les combats s'y poursuivent et les FDS avancent lentement en raison des mines et de la résistance de l'EI qui mène des attentats suicide contre leurs positions.

Minbej servait aux jihadistes comme principal carrefour d'approvisionnement, de la frontière turque vers les zones sous leur contrôle dans le nord syrien. Des dizaines de milliers de civils ont déjà réussi à la fuir.

Dans un communiqué sur les opérations de la coalition des deux derniers jours, le commandement militaire américain a affirmé que les FDS avaient repris un QG de l'EI installé dans un hôpital de Minbej et servant comme un centre de logistique.

Appuyées par les frappes de la coalition, les FDS tentent d'avancer en direction du centre de Minbej mais l'EI résiste en menant plusieurs contre-attaques, a ajouté le texte sans faire mention des opérations de mardi.

La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime d'une révolte pacifique, met aux prises de nombreux acteurs locaux et internationaux combattant sur un territoire très morcelé, dont une partie est occupée par l'EI.

Elle a fait plus de 280.000 morts et forcé des millions de personnes à la fuite, engendrant une crise humanitaire majeure en Syrie, dans les pays voisins et en Europe.

- Secteur rebelle d'Alep bombardé -

Sur le front de la guerre entre rebelles et régime, ce dernier tentait de consolider son siège des quartiers tenus par les insurgés dans l'est d'Alep, deuxième ville de Syrie et l'un des principaux enjeux de la guerre.

Alep est divisée depuis 2012 entre quartiers ouest tenus par le régime et quartiers est aux mains des rebelles.

Le 7 juillet, les troupes de Bachar al-Assad ont coupé la route du Castello, dernier axe de ravitaillement du secteur rebelle, accentuant les risques de pénurie générale pour les plus de 200.000 habitants.

Mardi, les forces prorégime tentaient de s'emparer du camp dit de Handarat, dernière place forte des rebelles au nord d'Alep située à moins de 2 km de la périphérie des quartiers rebelles, a précisé l'OSDH.

"S'il s'empare du camp, le régime asphyxierait totalement ces quartiers et les rebelles ne pourront plus lancer des contre-attaques pour reprendre la route du Castello", selon elle.

Toujours dans la province d'Alep, 12 civils sont morts dans des frappes sur la ville rebelle d'Atareb, selon l'OSDH.

Avec AFP

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