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La scolarisation des enfants pygmées au Congo


Quelques enfants pygmées attendent de commencer les cours dans une salle de classe, l’école ORA de Makodi en pleine forêt, à Betou, dans le nord du Congo-Brazzaville, 23 mars 2017. (VOA/ Ngouela Ngoussou)

L’Association des spiritains du Congo (ASPC) organise dans le nord du Congo-Brazzaville l’éducation des enfants des populations autochtones (Pygmées) à travers les classes ORA (Observer, réfléchir, agir). Près de 5.000 enfants suivent ces cours et sont déversés dans le système public officiel après trois ans.

L’UNICEF et le PAM soutiennent cette initiative. L’école ORA de Makodi est située en pleine forêt, à mi-chemin entre les districts de Bétou et d’Enyelle.

Ici, 179 enfants autochtones apprennent à lire et à écrire. Malgré les difficultés et leur vie de forêt faite quotidiennement de chasse et de pêche, ces élèves s’adaptent bien.

Samuel Ouenabio de l'UNICEF anime la sortie de cours à Makodi dans le nord du Congo-Brazzaville, 23 mars 2017. (VOA/ Ngouela Ngoussou)
Samuel Ouenabio de l'UNICEF anime la sortie de cours à Makodi dans le nord du Congo-Brazzaville, 23 mars 2017. (VOA/ Ngouela Ngoussou)

" Ils apprennent vite et comprennent bien. Ils sont très bons en calculs. Même si de temps en temps ils doivent fuir les cours pour aller chasser, j’ai pu envoyer cette année 20 élèves dans les classes publiques au cours moyens ", témoigne le directeur de l’école, Louis Godard Bangambi.

Au sein de la communauté autochtone, les parents sont heureux et nourrissent beaucoup d’espoir quant à l’avenir de ces enfants.

" Je suis très heureux que les enfants apprennent près du campement. Je souhaite juste qu’une école moderne en matériaux durables soit construite dans le village. Il ne s’agit plus pour nous de revenir en arrière, les enfants doivent avancer ", affirme avec véhémence le chef autochtone du village Makodi, Jacques Pika.

Bernard Bokondo, un ancien élève des classes ORA se dit également satisfait de l’assiduité des jeunes de la communauté à cette école.

Son souhait est de voir ces élèves " devenir comme les autres, car cela représentant un motif d’orgueil pour Makodi ".

En fait, les enfants autochtones intègrent le système éducatif officiel du pays à partir du cours moyen, le CEM 1.

Aloys Robin du PAM avec les enfants ORA pendant la cantine scolaire à Makodi dans le nord du Congo-Brazzaville, 23 mars 2017. (VOA/ Ngouela Ngoussou)
Aloys Robin du PAM avec les enfants ORA pendant la cantine scolaire à Makodi dans le nord du Congo-Brazzaville, 23 mars 2017. (VOA/ Ngouela Ngoussou)

Actuellement, ils sont près de 5.000 à apprendre dans les écoles ORA dans le département de la Likouala, l’une des régions où ce programme est développé au Congo.

Les pères spiritains qui organisent ces classes sont très engagés depuis des années.

Ils ont l’appui de l’UNICEF qui apporte des fournitures scolaires et le matériel nécessaire pour le fonctionnement de l’école.

Cette agence des Nations Unies a bénéficié des fonds du gouvernement japonais pour assurer jusque-là ce programme.

L’UNICEF reste cependant à la recherche de nouveaux fonds pour pérenniser les écoles ORA dans la Likouala.

" Nous avons pu amener les enfants à ce niveau où ils savent aujourd’hui lire et écrire grâce aux fonds du peuple japonais. Il faut maintenant continuer pour pérenniser ces classes », explique Jean Marie Samuel Ouenabio, assistant à la Communication à l’UNICEF.

L’apport du PAM est également essentiel pour l’avenir de ce programme, car cette agence a implanté dans chaque école ORA une cantine scolaire.

Aloys Robin, le chef de bureau du PAM à Bétou assure que les repas seront régulièrement servis dans toutes écoles ORA de la Likouala durant cette année scolaire.

Reportage de Ngouela Ngoussou à Bétou, dans le nord de Brazzaville pour VOA Afrique

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