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Première visite du président burkinabè en Côte d'Ivoire fin juillet


Le Président Roch Marc Kaboré quitte sa cérémonie d'investiture à Ouagadougou, 29 décembre 2015

Le Président Roch Marc Kaboré quitte sa cérémonie d'investiture à Ouagadougou, 29 décembre 2015

Roch Marc Christian Kaboré, élu fin 2015, effectuera une première visite chez son voisin de Côte d'Ivoire, pays avec lequel les relations sont désormais "excellentes" après des mois de tension.

"Aujourd'hui les relations entre la Côte d'Ivoire et le Burkina sont excellentes. La preuve : nos gouvernements vont se retrouver au grand complet à la fin de ce mois à Yamoussoukro dans le cadre du traité d'amitié et de coopération. Ce sera une rencontre au sommet", a affirmé Alpha Barry, qui effectue une visite de trois jours en Côte d'Ivoire.

Pour Rabankhi Abou-Bakr Zida, le directeur général des Editions Sidwaya, parler des contentieux entre le Burkina et la Cote d'Ivoire n'est pas un sujet tabou. Tout dépend de comment le sujet est posée, dans quel contexte et dans quelle ambiance. Les deux parties sont là pour le bien-être des populations. Qu’il s’agisse de la Côte d'Ivoire ou Burkina Faso, les deux pays ont des dirigeants qui ont le souci de travailler au renforcement des relations entre les deux peuples. S’agissant du dossier Blaise Compaoré, le contexte de démocratie et de justice impose qu’a un moment donne chacun répondre de ce qu’il pose comme acte. Ce n’est pas propre à l’Afrique ou au Burkina Faso"

La rencontre se tiendra du 27 au 29 juillet. Ce sommet régulier entre les deux voisins n'avait pas eu lieu en 2015 en raison de tensions diplomatiques.

Plusieurs dossiers ont empoisonné les relations entre ces deux pays, très imbriqués économiquement et démographiquement, depuis la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, renversé par la rue après 27 ans pouvoir en 2014.

Ancien fidèle soutien du président ivoirien Alassane Ouattara lors de la crise ivoirienne, M. Compaoré vit désormais en exil à Abidjan, alors que la justice burkinabè a lancé un mandat d'arrêt contre lui pour l'entendre sur la mort de l'ancien président Thomas Sankara.

M. Compaoré a aussi été mis en accusation par le Conseil national de transition pour sa gestion lors de ses 27 ans au pouvoir. M. Barry a précisé que les autorités burkinabè n'avaient "aucun contact" avec l'ancien président burkinabè.

Autre affaire qui plombait les relations: la justice burkinabè enquêtait sur l'enregistrement d'une conversation téléphonique supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion ivoirienne (soutenue par Compaoré) et actuel président de l'Assemblée nationale.

Dans cette conversation, les deux interlocuteurs parlaient du putsch de septembre 2015 au Burkina, mené par l'ancienne garde prétorienne de Compaoré, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

La présence d'anciens membres du RSP en Côte d'Ivoire avait aussi contribué à tendre les relations.

"Nous avons réussi à surmonter ces problèmes", a déclaré M. Barry, indiquant qu'il y avait déjà des rencontres régulières entre les deux présidents en marge des sommets ainsi que de nombreuses rencontres ministérielles.

Il a souligné qu'il y avait "une union sacrée sur le terrorisme, une coopération très forte" entre les deux pays touchés respectivement par les attaques de Ouagadougou (30 morts en janvier) et Grand-Bassam (18 morts en mars).

"Il y a eu des arrestations. Il y a des échanges d'informations. Avec le Mali aussi. Ca a permis de remonter des filières jihadistes, de Bassam jusqu'au nord du Mali en passant par Ouagadougou et le nord du Burkina", a-t-il précisé.

"Presque tous les jours, nos polices et nos forces de sécurité travaillent à déjouer les coups". "La préoccupation numéro un de nos Etats ce sont ces questions de terrorisme, de jihadisme. C'est cela qui est prioritaire, le reste devient secondaire", a conclu M. Barry.

Avec AFP

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