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Pour la première fois, un Tchadien pose sa candidature pour la présidence de l'Union africaine


Le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki Mahamat a rendu officielle sa candidature au poste de la présidence de la commission de l’Union africaine. Il l'a annoncé le week-end dernier à N’Djamena au cours d’un point de presse.

Candidature incitée par les pays voisins et entérinée par les hautes autorités du Tchad, Moussa Faki Mahamat se dit fier d’être le premier Tchadien à donner sa candidature au poste de la présidence de la commission de l’Union africaine dans l’histoire de cette organisation, créé il y a plus de 50 ans.

Doctorant en thèse de droit public à l’Université Paris 13, Moussa Faki Mahamat a assuré plusieurs fois les hautes fonctions politiques nationales et sous régionales entre autres.

Moussa Faki Mahamat, chef de la diplomatie tchadienne, à N’Djamena, le 21 octobre 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Moussa Faki Mahamat, chef de la diplomatie tchadienne, à N’Djamena, le 21 octobre 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Il a été directeur de cabinet du président de la République de 1999 à 2002, puis Premier ministre et chef du gouvernement de 2003 à 2005. Il est le chef de la diplomatie tchadienne depuis huit ans.

Il affirme avoir la capacité et les compétences nécessaires pour briguer cette fonction : "en tant que ministre des affaires étrangères, j'ai suivi de près les réflexions et l'élaboration de tous les grands dossiers suivi par l'Union africaine ces huit dernières années".

Le chef de la diplomatie tchadienne déroule déjà son plan d’action, si les chefs d’Etats et de gouvernement lui font confiance.

"Toutes les actions que je mènerais seront tributeurs de l'environnement dans lequel baigne l'Afrique, un environnement caractérisé aujourd'hui par la violence et le terrorisme au Sahel, dans le bassin du lac Tchad, en Somalie et en Libye", souligne-t-il.

"Je suis convaincu qu'une Afrique qui dépend exclusivement de l'extérieur ne pourra pas évoluer dans le bon sens", a-t-il déclaré.

Pour le professeur Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste indépendant et politologue, Moussa Faki Mahamat a peu de chance. Car il y a la géopolitique sous régionale qui peut jouer sur sa candidature.

"Le droit international a une certaine pratique, des usages et des traditions, qui sortent de l'objectivité et qui essaient d'aménager les susceptibilités sous-régionales", explique-t-il.

Les deux derniers présidents de l'UA étant de l'Afrique centrale, puis de l'Afrique australe, le constitutionnaliste voit mal l'organisation choisir de nouveau un président de l'Afrique centrale.

"Si on choisi le chef de l'efficacité, Moussa Faki Mahamat aura ses chances", conclut-il.

André Kodmadjingar, à N’Djamena

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