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Pour Moscou, la crise du rouble serait finie


Pour Vladimir Poutine, la crise suscitée par la chute du rouble n'est pas un sujet de préoccupation

Pour Vladimir Poutine, la crise suscitée par la chute du rouble n'est pas un sujet de préoccupation

La devise russe est tombée la semaine dernière à des plus bas records face au dollar et à l'euro.

MOSCOU (Reuters) - Le ministre des Finances russe a déclaré jeudi que la crise du rouble était finie, même si le niveau des réserves de changes du pays est à un creux depuis 2009 et que l'inflation annuelle a dépassé la barre des 10%.

La devise russe est tombée la semaine dernière à des plus bas records face au dollar et à l'euro, sous le double coup de la chute des cours du pétrole et des sanctions occidentales imposées à Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Mais le rouble s'est quelque peu repris depuis le début de la semaine grâce, entre autres, à une drastique hausse des taux d'intérêt, des limitations aux exportations de blé ou encore des mesures informelles de contrôle des capitaux, comme le fait d'ordonner aux grands exportateurs pétroliers de vendre une partie de leurs dollars.

Il y a dix jours, la banque centrale russe a annoncé une hausse de 650 points de base de son taux directeur, à 17%.

"Le taux directeur a été relevé afin de stabiliser la situation sur le marché des changes (...) Cette période, de notre point de vue, est déjà derrière nous. Le rouble se renforce", a déclaré le ministre des Finances Anton Siluanov devant la chambre haute du parlement.

Il a ajouté que les taux, susceptibles d'étrangler une économie russe au bord de la récession, seraient abaissés si la situation restait stable.

Vers 09h45 GMT, le rouble gagnait 0,3% par rapport au dollar, à 52,70 roubles pour un dollar. Le billet vert est en baisse de près de 10% par rapport à la devise russe depuis le début de la semaine, tout en conservant un gain de plus de 60% sur l'ensemble de 2014.

Vers la mi-décembre, le rouble avait plongé jusqu'à 80 roubles pour un dollar contre une moyenne comprise entre 30 et 35 au cours du premier semestre.

Dans des échanges très peu étoffés en raison de la fermeture de nombre de Bourses européennes pour cause de Noël, la place de Moscou évoluait de pair avec le rouble, avec une hausse de 0,4% pour l'indice RTS libellé en dollars et une progression de 0,7% pour le Micex, en roubles.

80 MILLIARDS DE DOLLARS POUR SOUTENIR LE ROUBLE

L'ensemble des actifs financiers russes profite de la bonne tenue des cours du brut ce vendredi, en hausse de 0,4% pour le Brent et de 0,8% pour le WTI américain. L'or noir continue cependant d'accuser une chute de près de 50% par rapport à son pic de l'année inscrit en juin.

Après avoir déjà dépensé plus de 80 milliards de dollars (65,6 milliards d'euros) pour défendre le rouble, la banque centrale russe a vu, à la date du 19 décembre, ses avoirs en or et en devises étrangères passer sous la barre des 400 milliards pour la première fois depuis août 2009.

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé mardi placer la note souveraine de la Russie sous surveillance avec implication négative. Cette décision fait suite, selon S&P, à une rapide détérioration de la flexibilité monétaire du pays et à l'affaiblissement de son économie.

Selon les projections du gouvernement, l'économie russe devrait se contracter de 0,8% en 2015, ce qui serait la première récession de la Russie depuis 2009.

La dépréciation du rouble constitue un test politique majeur pour le chef de l'Etat Vladimir Poutine, dont la popularité dépend en partie de sa réputation de garant de la prospérité et de la stabilité économiques.

Selon un conseiller économique du président russe, l'inflation devrait atteindre 11% sur un an d'ici la fin du mois, passant ainsi le cap psychologique des 10% pour la première fois depuis la crise financière de 2007-2009.

La Russie importe des quantités importantes de produits alimentaires, des équipements de haute technologie ou encore des voitures.

Avec l'affaiblissement du rouble, la facture des importations augmente, ce qui accroît les tensions inflationnistes. Nombre de consommateurs russes, soucieux de préserver leur pouvoir d'achat, ont acheté des dollars ces derniers temps, un autre facteur qui pèse sur le rouble.

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