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La polygamie s'intensifie lors de la récolte du riz au Burundi


Des repas préparés pour le retour des réfugiés burundais à Muyinga, au Burundi, le 27 avril 2006.

Des repas préparés pour le retour des réfugiés burundais à Muyinga, au Burundi, le 27 avril 2006.

Au Burundi, la saison de la récolte du riz va débuter. Très souvent, cette période de l'année pousse les maris à chercher d’autres femmes en délaissant les leurs.

Ce phénomène où les hommes deviennent soi-disants "riches" s’observe à l’ouest du Burundi, alors que les femmes passent leurs journées à défricher les champs.

Cette situation pousse des femmes à quitter leurs logis pour retourner au sein de leurs foyers parentaux.

De nombreuses femmes s’attèlent à longueur de journée à la culture du riz dans la zone de Mubone, une des localités de la commune de Mutimbuzi, dans la province du Bujumbura Rural.

Le même constat peut être fait dans la commune de Mpanda, en province de Bubanza, dans le nord-ouest du Burundi.

Dans des champs qui s’étendent à perte de vue, du matin jusqu’au soir, des mère de famille avec leurs bébés sur le dos passent leur temps à cultiver cette graine très prisée par la majorité des Burundais.

La saison des récoltes devient néanmoins une période difficile pour ces milliers de femmes qui n’arrivent pas à profiter du fruit de leurs sueur.

L'argent de la récolte volé par son mari

L’année dernière, une bouroundaise a donné l’argent de toutes les récoltes de riz à son mari, qui l'a quittée pour une autre femme, après cinq ans de mariage. Elle n'a plus jamais revu le père de ses deux enfants.

“Mon mari rentrait souvent tardivement. Il était occupé par d’autres femmes. Il ne donnait plus la ration quotidienne. Il n’achetait plus d’habits. J’avais toujours des problèmes avec un coeur toujours lourd. J'ai décidé de retourner à la maison familiale pour ne pas mourir à petit feu", confie-t-elle.

La situation de cette femme ressemble à celle des milliers d’autres, comme l'illustre également ce témoignage:

“On cultivait ensemble le riz avec mon mari. Mais avec la période de récolte de riz, notre production partait ailleurs, pas à la maison. Cette situation a empiré jusqu’à ce qu’il amène une autre femme à la maison", raconte-elle, ajoutant "Il a ensuite quitté la maison sans même payer le loyer de six mois. Les enfants étaient des bébés. Aujourd’hui, je loge chez une amie alors que leur papa vit très bien avec sa nouvelle femme."

Condamnation de la polygamie

Des associations des droits humains, tout comme les autorités administratives, condamnent ces pratiques. Un chef de la zone de Mpanda, dans le Nord-ouest du Burundi, a estimé que ce comportement était à décourager pour le bien des enfants.

La polygamie reste une pratique courante, qui est implicitement tolérée dans les régions de l’ouest du Burundi où certains maris, à chaque bonne saison culturale, changent de partenaires.

De plus en plus de personnes condamnent avec la dernière énergie ce comportement qualifié d’"irresponsable".

Christophe Nkurunziza (VOA Afrique - Bujumbura)

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