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Polémique autour de la loi sur le statut du chef de l’opposition à Brazzaville


Clément Mierassa membre de l'oppositon au Congo-Brazzaville, 2 nombre 2016. VOA/Ngoula Ngoussou

Clément Mierassa membre de l'oppositon au Congo-Brazzaville, 2 nombre 2016. VOA/Ngoula Ngoussou

Le projet de loi créant le statut du chef de l’opposition récemment adopté par le gouvernement est au centre d’une polémique au sein de la classe politique au Congo-Brazzaville

Les autorités veulent que ce chef soit celui dont le parti dispose le plus d’élus après le parti au pouvoir. Certains opposants comme Pascal Tsaty Mabiala et Guy Brice Parfait Kolelas saluent cette initiative, d’autres voient plutôt une manœuvre du gouvernement pour contrôler les opposants.

Modeste, Pascal Tsaty Mabiala, le premier secrétaire de l’UPADS, la première formation de l’opposition au parlement, estime que le chef de l’opposition doit effectivement avoir un nombre important de sièges au parlement.

"Imaginons que ce soit celui qui arrive deuxième à l’élection présidentielle, donc Guy Brice Parfait Kolelas, comment agirait-il s’il n’a pas deputes", s’interroge M. Tsaty Mabiala, affirmant cependant que sur cette question, il n’entretenait aucune divergence de vues avec M. Kolelas. "Nous nous concertons souvent. Il vient chez moi, je vais chez lui", ajoute-il.

Pour le premier secrétaire de l’UPADS, l’opposition doit désormais lutter au sein des institutions.

Tsaty Mabiala estime que la stratégie de manifester dans la rue ne doit pas être permanente.

"Nous avons protesté contre le référendum et l’élection présidentielle dans la rue. C’est fait. Aujourd’hui, nous poursuivons le débat au parlement. Il faut donc un chef de l’opposition pour canaliser tout cela. Je crois que les choses sont claires", commente-t- il.

Mais les partis de l’opposition qui ne sont pas dans les institutions craignent bien que cette nouvelle loi ne les emporte.

Même dans le cas où ils doivent participer aux élections législatives de 2017, leur victoire n’est pas garantie.

Pour Clément Mierassa, le problème de la fraude électorale se pose toujours, à tel point qu’on a le sentiment que les députés et les sénateurs sont nommés.

"Et c’est ça le problème de fond. Arriver à organiser des élections qui ne soient pas contestées dans ce pays, est encore un problème. On a donc comme l’impression que le pouvoir veut organiser sa propre opposition et maîtriser son chef", affirme Clément Mierassa.

L’idée d’un chef de l’opposition n’est pas mauvaise, analyse le professeur Timothée Makita de l’université Marien Ngouabi. "Il faut positiver. Le personnage qui sera élu comme chef de l’opposition doit considérer tous les courants de l’opposition, de sorte que personne ne soit laissé au bord de la route", indique-t-il.

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