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25 civils tués dans le bombardement du fief du groupe État islamique en Syrie


Cette image a été publiée par le groupe terroriste le 30 juin 2014, montrant les jihadistes dans les rues de Raqa.

Cette image a été publiée par le groupe terroriste le 30 juin 2014, montrant les jihadistes dans les rues de Raqa.

Raqa, capitale de facto du groupe État islamique (EI) en Syrie, a été la cible de frappes aériennes qui ont fait au moins 25 morts dont six enfants, au lendemain d'une offensive jihadiste ayant chassé les forces du régime de la province du nord.

Alors que le bruit assourdissant des armes se fait entendre dans tout le pays, le médiateur de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura a exprimé l'espoir de la tenue d'une nouvelle session de négociations de paix en juillet, si la sécurité et la situation humanitaire s'améliorent nettement.

Des avions, dont on ignore la nationalité, ont frappé mardi plusieurs quartiers de la ville septentrionale de Raqa où vivent 300.000 habitants. 25 civils, dont six enfants, ont été tués, et des dizaines blessés, certains se trouvant dans un état critique, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces hostiles aux jihadistes accusent l'EI de se servir des civils comme "boucliers humains" et de se cacher dans des immeubles au milieu des résidents.

Les aviations syrienne, russe ainsi que celle de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis mènent régulièrement des raids contre les positions de l'EI à travers tout le pays en guerre.

Selon l'OSDH, la ville a été mercredi de nouveau la cible de raids mené apparemment par la coalition, dont un a frappé la municipalité.

Le groupe de militants "Raqa est massacrée en silence" a posté des photos de destructions qu'il attribue aux raids, montrant notamment un balcon suspendu dans le vide et une fourgonnette en feu.

Retraite 'désastreuse'

Les raids meurtriers de mardi surviennent au lendemain d'une défaite cuisante de l'armée syrienne dans le désert de la province de Raqa. Dans une contre-attaque éclair, les jihadistes ont réussi à repousser lundi les forces gouvernementales hors de la province, alors qu'elles s'étaient rapprochées à 7 km de l'aéroport de Tabqa.

Les forces du régime, appuyées par l'aviation de l'allié russe, avaient lancé le 3 juin une offensive pour s'emparer de la ville clé de Tabqa, à une cinquantaine de km à l'ouest de Raqa. Elles ont perdu plus de 40 hommes dans la contre-attaque jihadiste, selon l'OSDH.

Le site prorégime Al-Masdar parle de "désastre" ayant provoqué la mort, selon une source militaire, de 23 soldats tués, tandis que des dizaines étaient portés disparus. Il évoque la perte de deux champs pétroliers et une "retraite désorganisée qui s'est traduite par l'abandon d'armes, de munitions et de soldats qui se sont retrouvés derrière les lignes ennemies".

Pour le géographe français spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche, "les troupes du régime étaient surtout composées de bédouins ralliés, plutôt pour des raisons financières. Ce ne sont donc pas des troupes d'élites, ils se sont repliées dès les premiers attentats kamikazes".

Selon lui, il est difficile pour l'aviation "de frapper des cibles aussi mouvantes que l'EI, qui attaque de nuit, lance des commandos suicide sur les lignes adverses et coupe les communications avec l'arrière. Dans le cas de la bataille de Tabqa, le dispositif syrien était trop étendu pour être défendable".

Dans la province voisine d'Alep, plus à l'ouest, l'EI, également sur la défensive, a mené lundi une contre-offensive pour desserrer l'étau autour de son fief de Minbej, assiégé par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS). Au moins trois kamikazes de l'EI y ont attaqué mardi les FDS près de cette ville, a ajouté l'OSDH.

L'EI contrôle depuis 2014 Minbej, carrefour routier pour l'approvisionnement des jihadistes entre la frontière turque et la ville de Raqa.

Négociations... en juillet ?

Alors que la guerre fait rage sur plusieurs fronts et que des dizaines de milliers de personnes vivent dans des zones ou localités assiégées, M. de Mistura a avancé le mois de juillet pour de nouvelles négociations si la sécurité et la situation humanitaire s'améliorent nettement.

Il faudra d'abord "que la cessation des hostilités soit maintenue, que l'aide humanitaire augmente et que nous parvenions à un accord de principe sur une transition politique", a-t-il énuméré devant l'Assemblée générale de l'ONU. De plus, "les discussions politiques ne peuvent pas se poursuivre (...) tant que les hostilités augmentent et que les civils sont affamés".

Depuis le début de l'année, les agences de l'ONU ont pu ravitailler par la route 330.000 personnes dans 16 des 18 zones assiégées que l'ONU a recensées en Syrie.

Avec AFP

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