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Plus de 120 morts en deux mois dans les violences entre Israéliens et Palestiniens


Des militants palestiniens portent les corps d’Ahmed Abu al-Aish, 28 ans et de Laith Manasrah, 21 ans près de West Bank, le 16 novembre 2015 (AP)

Des militants palestiniens portent les corps d’Ahmed Abu al-Aish, 28 ans et de Laith Manasrah, 21 ans près de West Bank, le 16 novembre 2015 (AP)

La vague de violences ne montre aucun signe d'affaiblissement avec deux nouvelles attaques au couteau ce 1er décembre 2015.

Deux Palestiniens de moins de 20 ans ont tenté de poignarder des Israéliens en Cisjordanie, occupée par l'Etat hébreu, et ont été abattus par les forces israéliennes, a indiqué l'armée israélienne.

L'un d'eux, âgé de 16 ans, a voulu poignarder un piéton près d'une station d'auto-stop, proche du bloc de colonies israéliennes du Goush Etzion au sud de Jérusalem, selon l'armée.

Une Palestinienne de 19 ans a elle tenté de s'en prendre avec un couteau à un soldat israélien près de la colonie d'Enav, entre Tulkarem et Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, a rapporté l'armée. Le soldat l'a abattue.

Cette étudiante à Naplouse était sortie de prison il y a un an et demi après deux ans de détention pour une tentative similaire, a indiqué la police palestinienne.

Israël, Jérusalem et les territoires palestiniens sont le théâtre depuis plusieurs semaines d'une série d'attaques anti-israéliennes, commises principalement à l'arme blanche par des Palestiniens, et d'affrontements entre jeunes Palestiniens lanceurs de pierre et soldats israéliens.

Depuis le 1er octobre, 103 Palestiniens (dont un Arabe israélien) ont été tués, selon un décompte de l'AFP. Un grand nombre d'entre eux l'ont été après avoir commis ou tenté de commettre des attaques. 17 Israéliens ainsi qu'un Américain et un Erythréen ont également trouvé la mort.

Cette flambée des tensions intervient alors que le processus politique pour résoudre l'épineux conflit israélo-palestinien, vieux de dizaines d'années et cristallisé autour de l'occupation israélienne des territoires palestiniens, est enlisé.

'Aucune illusion'

Malgré une poignée de main lundi lors de la conférence sur le climat à Paris, la première depuis bien longtemps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas ont continué d'afficher leurs profondes divisions.

Le Premier ministre israélien a décrit cette poignée de mains comme relevant du protocole, et affirmé n'avoir "aucune illusion" sur M. Abbas. Il "doit cesser d'inciter à la haine", a-t-il insisté.

M. Abbas a répété qu'il était inutile de "perdre plus de temps dans des négociations" avec les Israéliens". "Notre dernière chance de parvenir à une solution à deux Etats et de faire de la paix une réalité" est en train de passer, a-t-il mis en garde.

La manière de répondre aux violences divise le gouvernement israélien de droite de M. Netanyahu entre les partisans de la manière forte et ceux qui prônent, avec l'armée, une réponse plus modérée pour ne pas enflammer davantage les esprits.

Le gouvernement se divise aussi sur l'intérêt ou non de laisser s'effondrer ou au contraire de soutenir l'Autorité palestinienne.

Cette dernière qui, selon les accords de paix d'Oslo, devait préfigurer l'appareil d'un futur Etat palestinien indépendant, est mal en point politiquement et financièrement.

"Je ne souhaite pas l'effondrement de l'Autorité palestinienne", a dit M. Netanyahu à Paris. "Le fait que nous ayons actuellement une mauvaise alternative ne signifie pas que nous n'aurons pas une alternative pire encore", a-t-il ajouté, cité par le quotidien Haaretz.

De multiples facteurs causent l'exaspération palestinienne, notamment parmi la jeunesse: vexations liées à l'occupation, absence d'un Etat palestinien attendu depuis des décennies, absence de toute perspective personnelle, discrédit des autorités et partis palestiniens.

Les querelles autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem ont catalysé les tensions.

Le gouvernement israélien dénonce une campagne palestinienne d'incitation à la haine, impliquant selon lui l'Autorité palestinienne, via les réseaux sociaux et les médias palestiniens.

Avec AFP

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