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Plainte d'un parti d'opposition contre la famille Gupta en Afrique du sud


L'entrée de ANN7 Television et journal, géré par la famille Gupta, propriétaire de ces médias, à Midrand, Johannesbourg, Afrique du sud, le 14 avril 2016.

L'entrée de ANN7 Television et journal, géré par la famille Gupta, propriétaire de ces médias, à Midrand, Johannesbourg, Afrique du sud, le 14 avril 2016.

Le parti sud-africain des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale) a annoncé dimanche avoir porté plainte contre la richissime famille Gupta, soupçonnée de corruption et d'exercer une influence politique sur le président Jacob Zuma.

"L'EFF a porté plainte contre le syndicat du crime dirigé par les Gupta. La plainte concerne des cas de corruption, vol, fraude, blanchiment d'agent et racket", précise un communiqué du parti de Julius Malema.

La plainte a été déposée contre treize personnes ou entreprises, dont les trois frères Gupta, Duduzane Zuma l'un des fils du chef de l'Etat et Mosebenzi Zwane le ministre des Mines réputé proche de la fratrie d'origine indienne.

Cette plainte intervient au lendemain de la publication d'une déposition explosive du ministre des Finances sud-africain, Pravin Gordhan qui assure que plus de 70 transactions "suspectes" ont été réalisées par les entreprises des frères Gupta pour un montant total de 6,8 milliards de rands (433 millions d'euros).

"L'EFF a fourni des preuves à la police et notamment la déposition du ministre des Finances", note le communiqué du parti.

La famille Gupta est au centre de multiples polémiques ces derniers mois.

Elle est soupçonnée d'imposer à Jacob Zuma la nomination de ministres et de chefs d'entreprises publiques afin de favoriser ses intérêts.

Et l'influence présumée de cette famille commence à fracturerle Congrès National Africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud.

Si une large frange de l'ANC demeure toujours loyale à Jacob Zuma, certains comme le ministre des Finances s'opposent frontalement au président et demandent davantage de transparence dans la gestion des affaires de l'Etat.

Un rapport potentiellement explosif de l'ex-médiatrice de la République Thuli Madonsela venant solder plusieurs mois d'enquête sur les agissements des Gupta devait par ailleurs être publié vendredi.

Mais Jacob Zuma en personne a saisi en urgence la justice pour interdire sa publication.

Les accusations visant les Gupta, dont l'empire s'étend du secteur minier aux médias en passant par l'immobilier et l'ingénierie, empoisonnent depuis des mois M. Zuma.

S'il reconnaît être proche de la famille, le chef de l'Etat a toujours nié son influence dans ses décisions politiques.

Elu en 2009, le président sud-africain traverse une mauvaise passe marquée par divers scandales de corruption qui suscitent des critiques au sein même de l'ANC, au pouvoir depuis l'élection de Nelson Mandela en 1994.

Avec AFP

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