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Plaidoyers multiples pour la Centrafrique à la veille de la conférence de Bruxelles


Vue sur un site de déplacés de Bangui, Centrafrique, le 8 novembre 2016. (VOA/Freeman Sipila)

Vue sur un site de déplacés de Bangui, Centrafrique, le 8 novembre 2016. (VOA/Freeman Sipila)

L'Union européennes (UE), les Nations unies et de grandes ONG ont multiplié mercredi les plaidoyers en faveur de la Centrafrique, à la veille d'une conférence de donateurs à Bruxelles pour financer le relèvement de ce pays ruiné par la guerre et l'anarchie.

"Nous nous engagerons ensemble à maintenir la République centrafricaine au centre des préoccupations internationales", promettent dans une tribune conjointe le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, le vice-secrétaire général des Nations unies Jan Eliasson et le vice-président de la Banque mondiale Makhtar Diop.

"Les besoins en matière de relèvement économique et de consolidation de la paix sont estimés à 1,5 milliard de dollars au cours des trois prochaines années", soulignent-ils dans cette tribune diffusée par l'internet.

Le président Touadéra doit présenter jeudi à Bruxelles "un plan national quinquennal" pour restaurer la paix, reconstruire l'armée et l'administration de Etat, assurer des services sociaux de base et relancer l'économie.

"La communauté internationale peut et doit soutenir le gouvernement dans la mise en oeuvre de ce plan", insistent les signataires de cette tribune.

Les ONG soulignent pour leur part sur l'urgence de financer des besoins humanitaires encore plus immédiats.

"Le financement humanitaire pour répondre à la crise en Centrafrique a été déplorablement faible: moins d'un tiers des 532 millions de dollars nécessaires ont été levés cette année", s'alarment dans un communiqué commun Action contre la faim (ACF) et le Comité norvégien des réfugiés (RNC).

"Les donateurs doivent fournir les fonds immédiatement", insiste pour sa part Oxfam.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) appelle la conférence de Bruxelles à "mettre les enfants en avant dans le plan de relève, en donnant la priorité aux services sociaux de base comme la santé et l'éducation".

Les ONG rappellent que près de la moitié des 4,5 millions de Centrafricains (2,3 millions) ont besoin d'assistance humanitaire et que le pays compte près de 850.000 réfugiés ou déplacés internes.

Dix-sept organisations de défense des droits de l'homme ont enfin appelé les donateurs à soutenir la mise en place de la Cour pénale spéciale (CPS) qui doit juger les crimes de guerre commis en Centrafrique.

"Les bailleurs de fonds devraient apporter un soutien technique, financier et politique à la CPS", selon ces organisations dont la Fédération internationale des droits de l'homme, Amnesty International et Human Rights Watch.

Les besoins de la CPS sont estimés à 37 millions de dollars sur cinq ans, avait indiqué à l'AFP une source judiciaire à Bangui.

La Centrafrique a sombré dans le chaos début 2013 avec le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles de la Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, entraînant la contre-offensive des milices anti-balakas.

Sans Etat, ni économie, avec des groupes armés encore à l'oeuvre, le pays tente de se relever sous la tutelle d'une Mission des Nations unies (Minusca) dont certains contingents sont critiqués.

Avec AFP

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