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Pistorius devant la justice pour éviter de retourner en prison


Photo d’archives : Oscar Pistorius lors de sa comparution devant la haute cour de justice à Pretoria, en Afrique du Sud, octobre 2014.

Photo d’archives : Oscar Pistorius lors de sa comparution devant la haute cour de justice à Pretoria, en Afrique du Sud, octobre 2014.

Oscar Pistorius, reconnu coupable en appel du meurtre de sa compagne, demande mardi sa mise en liberté sous caution.

Le champion paralympique sud-africain joue gros lors d'une audience ce mardi: en cas de refus, il retournera en prison.

Pistorius est actuellement assigné à résidence chez son oncle à Pretoria, après avoir passé un an derrière les barreaux. En première instance, il avait été condamné à 5 ans de prison pour l'"homicide involontaire" de Reeva Steenkamp, abattue par balles chez lui à Pretoria en 2013.

Mais jeudi, la Cour suprême d'appel a requalifié son crime en "meurtre", passible d'une peine allant de 15 ans de prison à la réclusion à perpétuité. Pistorius attend maintenant d'être fixé sur sa sentence, qui sera probablement annoncée début 2016.

L'ancien sprinteur, considéré désormais comme un meurtrier, doit nécessairement faire une demande de mise en liberté sous caution s'il veut avoir une chance d'échapper à la prison le temps que la justice prononce sa nouvelle peine.

Le verdict "a été modifié" en appel, par conséquent la peine de Pistorius "a été révoquée, donc il doit demander sa libération sous caution", a expliqué à l'AFP la porte-parole du ministère de la Justice, Lusanda Ntuli.

Pistorius est attendu mardi à 09h30 (07h30 GMT) devant la Haute Cour de Pretoria, un tribunal qu'il connaît bien. C'est là qu'il a été jugé pendant près de huit mois lors de son procès en première instance, retransmis en direct à la télévision.

L'audience de mardi, où défense et parquet présenteront leurs arguments, ne devrait pas durer plus d'une heure, et la décision de la juge Aubrey Ledwaba devrait être rendue, selon toute vraisemblance, dans la journée.

Aucune indication n'a filtré pour savoir si le ministère public allait s'opposer ou non à sa demande.

Si elle est acceptée, l'ancien sportif, sextuple médaillé d'or aux Jeux paralympiques, sera libre, sous certaines conditions, en attendant sa sentence.

Sa libération sous caution "pourrait être assortie de conditions qui ne sont pas aussi strictes que celles de son assignation à résidence", a estimé Martin Hood, avocat spécialisé dans les affaires criminelles interrogé par l'AFP.

Si la juge refuse de libérer Pistorius sous caution, il retournera en prison.

- Erreurs 'fondamentales' -

L'ancien athlète aujourd'hui âgé de 29 ans, a reconnu avoir tué sa compagne, la mannequin Reeva Steenkamp, dans la nuit du 13 au 14 février 2013. Mais il a toujours plaidé la méprise: il a tiré sur la porte des toilettes fermée à clé, persuadé, selon lui, qu'un cambrioleur s'y était introduit. Le parquet, lui, a soutenu la thèse du meurtre à la suite d'une dispute dans le couple.

En appel, le juge Eric Leach a dénoncé les erreurs "fondamentales" commises par la juge de première instance. En tirant quatre balles de gros calibre à hauteur d'homme dans la porte d'un étroit cabinet de toilette, Pistorius ne pouvait pas ignorer qu'il risquait de tuer, selon la Cour suprême d'appel.

Le sportif, ruiné par la longue procédure judiciaire, pourra encore contester sa peine devant la Cour constitutionnelle, plus haute instance juridique en Afrique du Sud.

Sa dernière apparition publique remonte à novembre, quand il s'était rendu dans un commissariat de police de Pretoria pour effectuer des travaux d'intérêt général dans le cadre de sa libération anticipée.

Dans une interview au Daily Mail parue ce week-end, le boxeur sud-africain Kevin Lerena, un ancien ami de Pistorius qui avait témoigné contre lui lors de son procès, a affirmé que l'ex-athlète était déprimé.

"Je crains qu'il ne fasse quelque chose de stupide. On dirait qu'il a renoncé à la vie", a-t-il déclaré après avoir parlé à Pistorius.

Le drame de la Saint-Valentin s'était produit alors que Pistorius, handicapé de naissance et surnommé "Blade Runner", en référence à ses prothèses de lames de carbone, était au sommet de sa gloire. Aidé par un physique avantageux, il était devenu une icône du sport mondial à l'occasion des jeux Olympiques de Londres en 2012, quand il s'était aligné avec les valides sur 400 mètres. Il avait atteint les demi-finales.

Avec AFP

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