Liens d'accessibilité

Pessimisme croissant sur l’avenir de la paix en Syrie


John Kerry listens écoutant des commentaires sur la crise en Syrie

John Kerry listens écoutant des commentaires sur la crise en Syrie

Sombres perspectives pour la paix en Syrie avec des annonces de fourniture d’armes tant aux rebelles qu’au régime du président Bachar al-Assad alors que l’organisation d’une conférence internationale sur la paix en Syrie tarde à se préciser.

La France et la Grande-Bretagne ont eu gain de cause à la réunion des ministres européens des Affaires étrangères de Bruxelles, ceux-ci ayant accepté de laisser expirer l’embargo sur les armes à destination de la Syrie. La cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, l’a annoncé à l’issue de la rencontre de Bruxelles. Chacun travaille sur la meilleure manière de soutenir le people syrien, et comment assurer au mieux que nous ayons une solution politique le plus rapidement possible, a-t-elle déclaré.

Toutefois, les pays membres de l’Union Européenne (UE) n’ont pas encore concrètement décidé d’envoyer des armes aux rebelles et attendent de voir si les Etats-Unis et la Russie réussiront à organiser une conférence de paix sur la Syrie.

Mardi, le ministre-adjoint russe des Affaires étrangères a qualifié de « regrettable » la décision de l’UE concernant les armes à destination de l’opposition syrienne. Sergei Ryabkov a confirmé que son gouvernement livrera de nouveaux missiles anti-aériens à Damas.

La Russie, a-t-il dit, fournit des moyens de défense à un gouvernement établi, sur la base d’un contrat existant, et les missiles permettront au gouvernement syrien de répondre à une menace aérienne ; une capacité que ne possèdent pas, pour le moment, les rebelles syriens.

Selon les analystes, les missiles russes sont destinés à décourager une poursuite des raids aériens israéliens et une possible intervention en Syrie de l’Europe ou des Etats-Unis.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et son homologue russe, Sergei Lavrov, qui ont discuté à la Paris de la conférence internationale sur la Syrie, n’ont pas été en mesure de fournir des précisions à ce sujet.

La Russie a obtenu du gouvernement syrien ce qu’elle appelle « un accord de principe » concernant l’envoi d’un représentant à la conférence. Mais certains groupes de l’opposition se disent catégoriquement opposés à toute discussion avec le gouvernement syrien et à tout rôle futur du président al-Assad.

Obtenir les engagements des parties syriennes constitue le principal obstacle, a reconnu M. Kerry. « Nous voulons tous les deux faire en sorte que cette conférence se tienne, si possible, avec plusieurs autres pays. Nous avons parlé des participants, et c’est une conversation qui se poursuit », a expliqué le chef de la diplomatie américaine. Certains analystes pensent que les récents événements pourraient forcer la main à l’opposition syrienne.

L’analyste David Hartwell de la firme de sécurité IHS Jane fait remarquer que la position du président al-Assad a été renforcée au cours des dernières semaines par les missiles russes, d’autres armes en provenance de l’Iran, de même que le soutien du Hezbollah et les récentes victoires sur les champs de bataille. Pendant ce temps, l’opposition est désunie et de nombreux Syriens redoutent une influence excessive des militants parmi les rebelles.
XS
SM
MD
LG