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Percée du mouvement populiste aux élections régionales tchèques


Un leader du mouvement ANO 2011 Andrej Babis, au centre, remet des beignets lors d'un rassemblement de campagne électorale à une station de métro à Prague, 23 octobre 2013

Un leader du mouvement ANO 2011 Andrej Babis, au centre, remet des beignets lors d'un rassemblement de campagne électorale à une station de métro à Prague, 23 octobre 2013

Le mouvement centriste et populiste ANO de l'influent ministre des Finances Andrej Babis a dominé les élections régionales et le 1er tour des sénatoriales tchèques, devançant largement les sociaux-démocrates CSSD du Premier ministre Bohuslav Sobotka, dans un scrutin test un an avant les législatives.

ANO s'est imposé dans 9 des 13 régions tandis que le CSSD n'a gagné que dans deux d'entre elles, selon les résultats communiqués samedi par l'office des statistiques, après le décompte de la quasi-totalité des voix.

Le taux de participation s'est chiffré à environ 34%.

"Le résultat représente un grand encouragement, aussi pour moi personnellement", a affirmé M. Babis, milliardaire auquel la presse attribue l'ambition de devenir Premier ministre à l'issue des législatives de 2017.

"La position de départ d'Andrej Babis est très confortable", a indiqué dans ce contexte le politologue Tomas Lebeda.

"Les gens ont souhaité un changement à la tête des régions", a de son côté reconnu laconiquement M. Sobotka.

Rassemblant 111 des 200 députés, la coalition tripartite de centre-gauche au pouvoir depuis 2013 formée outre CSSD et ANO aussi par les chrétiens-démocrates KDU-CSL se voit fragilisée par des querelles entre ses deux principaux éléments.

Ces dissensions se sont traduites par la récente adoption par la Chambre basse d'un amendement visant à limiter les activités des membres du gouvernement dans les affaires et les médias.

M. Babis qui est, outre ses fonctions publiques, aussi président d'un important groupe agroalimentaire et d'un groupe de médias, est la cible principale de ce texte, approuvé aussi, outre l'opposition, par les élus de CSSD et KDU-CSL.

"Les oligarques devront se décider: soit la participation au gouvernement soit les subventions et les médias", a récemment lancé M. Sobotka.

Si la loi est adoptée, les entreprises détenues à au moins 25% par des ministres, n'auront plus de droit de briguer les subventions de l'Etat, les commandes publiques et les aides à l'investissement.

Surnommé "Lex Babis", l'amendement fera prochainement objet d'un vote du Sénat, dans sa nouvelle composition à l'issue des élections sénatoriales destinées à renouveler un tiers de ses 81 sièges, dont le premier tour s'est soldé vendredi et samedi aussi par un succès d'ANO.

Lors du second tour qui se tiendra les 14-15 octobre, les électeurs tchèques devront départager les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de voix lors du premier tour. Les candidats d'ANO brigueront les mandats dans 14 des 27 circonscriptions, alors que KDU-CSL, ainsi que CSSD auront huit candidats chacun, selon le décompte des 99,9% des voix.

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