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Pékin promet une "réponse déterminée" en cas de provocation en mer de Chine méridionale


Ds marins philippins saluent la marine chinoise qui les bloque en mer de Chine méridionale, 29 mars 2014

Ds marins philippins saluent la marine chinoise qui les bloque en mer de Chine méridionale, 29 mars 2014

La Chine a promis jeudi une "réponse déterminée" en cas de "provocation" après la sentence internationale invalidant ses prétentions en mer de Chine méridionale, dont Manille a réclamé l'application tout en annonçant envoyer un émissaire à Pékin.

Pékin a réagi avec fureur au jugement rendu de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de la Haye, martelant que la Chine ne respecterait pas la décision d'une instance qu'elle considère comme illégitime.

"Si quelqu'un souhaite mener un acte de provocation contre les intérêts de sécurité chinois sur la base de cette sentence, la Chine répondra de façon déterminée", a lancé Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Pékin revendique la quasi totalité de cette mer, soit 2,6 millions de kilomètres carrés sur un total de plus de trois millions, et se fonde pour cela sur une délimitation en "neuf traits" apparue sur des cartes chinoises des années 1940.

La Chine argue qu'elle est la première à avoir découvert et exploité cette région, stratégique militairement comme économiquement par laquelle plus de 4.500 milliards d'euros de fret transitent chaque année.

Mais la CPA a jugé que les "droits historiques" revendiqués par la Chine dans "la ligne en neuf traits" n'avaient "aucun fondement juridique".

Elle a également dit que Pékin avait violé les "droits souverains" des Philippines dans leur zone économique exclusive (ZEE), c'est-à-dire dans les eaux allant jusqu'à 200 milles marins de leurs côtes.

La Chine a empêché les Philippines d'y pêcher et d'y explorer les ressources en hydrocarbures, tout en construisant des îles artificielles.

Ces dernières années, Pékin a mené de gigantesques travaux de remblaiement de la terre dans l'archipel très disputé des Spratleys, l'un des principaux groupes d'îles de cette mer, situé pour partie dans la ZEE philippine.

- 'La guerre n'est pas une option' -

Manille s'est dans un premier temps abstenue de mettre Pékin en demeure de respecter la sentence arbitrale, le nouveau président Rodrigo Duterte ayant souhaité préserver les relations avec son puissant voisin.

L'archipel a durci le ton jeudi, indiquant dans un communiqué que le ministre des Affaires étrangères Perfecto Yasay comptait évoquer "la nécessité pour les parties de respecter la récente décision du tribunal arbitral", lors du sommet Europe-Asie (Asem) prévu vendredi et samedi en Mongolie, auquel participera le Premier ministre chinois Li Keqiang.

"La guerre (...) n'est pas une option. Alors quelle est l'autre possibilité ? Des négociations pacifiques", a cependant souligné par la suite le président Rodrigo Dutertre, annonçant l'envoi de l'ancien président Fidel Ramos pour discuter avec Pékin.

M. Ramos "ira en Chine pour lancer les pourparlers", a dit M. Duterte, sans dire quand M. Ramos partirait.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a lui aussi fait savoir qu'il voulait voir le différend discuté en Mongolie alors que la Chine avait dit dès lundi que ce sujet ne devait pas figurer à l'ordre du jour du sommet de l'Asem, cette instance n'étant "pas un lieu approprié".

Le simple fait d'aborder la question à Oulan-Bator ne devrait pas manquer d'irriter Pékin, qui freine de longue date des quatre fers face aux efforts de Manille pour que la question face l'objet de discussions multilatérales.

Les dix pays de l'Asie du Sud-Est (Asean) ont d'ailleurs renoncé, sous la pression de Pékin, à publier un communiqué sur la sentence arbitrale, selon des diplomates.

Les Etats-Unis et l'Australie figurent parmi les pays alliés de l'archipel qui ont appelé la Chine à respecter la sentence arbitrale.

Pékin a mis en garde en retour contre les risques de conflit, qualifiant la décision de "papier bon à jeter".

La Chine a également menacé d'instaurer une "zone d'identification de la défense aérienne" (Adiz), qui verrait les avions civils contraints de s'identifier auprès des autorités militaires chinoises.

"Pékin devrait, a certainement l'obligation, de se préparer au scénario du pire, y compris à des collisions militaires potentielles", a averti le quotidien en langue anglaise China Daily.

Pékin comme Washington avait déployé par anticipation dans la région des moyens navals importants.

Taïwan, dont les revendications se confondent presque avec celles de Pékin, a dépêché mercredi un bâtiment de guerre pour protéger ses intérêts.

Sous le précédent président philippin, Benigno Aquino, qui avait lancé la procédure d'arbitrage, les relations bilatérales étaient devenues glaciales.

Son successeur a maintes fois répété qu'il voulait les réchauffer et attirer des investissements chinois pour de gros programmes d'infrastructures.

La Chine dit aussi vouloir négocier mais ajoute qu'elle ne reculera jamais sur sa souveraineté.

Avec AFP

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