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Le Parlement ougandais adopte une loi controversée sur les ONG, avant l'arrivée du pape


Tandis que les parlementaires assurent que le texte "vise à aider les ONG à travailler dans un meilleur environnement", le défenseur des droits de l'Homme Nicholas Opiyo dénonce une loi qui "entrave le travail des ONG".

Le Parlement ougandais a adopté vendredi une loi controversée sur les ONG à quelques heures de l'arrivée du pape François dans le pays, ont annoncé un parlementaire et des militants associatifs, ces derniers dénonçant un texte qui restreint sévèrement leurs activités.

"Le projet de loi a été adopté à l'unanimité", a déclaré à l'AFP Ruth Nankabirwa, chef du groupe parlementaire de la majorité, assurant que la loi "ne limite pas les activités des ONG mais leur donne plus de moyens".

Le texte "vise à aider les ONG à travailler dans un meilleur environnement, car le gouvernement apprécie le travail effectué par ces organisations", a-t-elle assuré.

Défenseur des droits de l'homme et avocat, Nicholas Opiyo a de son côté dénoncé une loi qui "entrave le travail des ONG".

"Ce texte donne pouvoir à la Commission des ONG (nommée par le gouvernement, ndlr) de refuser d'enregistrer certaines organisations, en s'abritant derrière des clauses invoquant l'intérêt général", a-t-il expliqué.

M. Opiyo avait estimé en avril que ce texte "reflète la paranoïa du gouvernement vis-à-vis du travail des ONG".

L'exposé des motifs du projet de loi explique que "la rapide croissance des ONG a conduit à l'apparition de méthodes de travail et d'activités subversives qui, à leur tour, nuisent au sens de la responsabilité et à la transparence du secteur".

Human Rights Watch (HRW) avait estimé en avril que les "dispositions vagues et très larges" du projet de loi risquaient de permettre de faire taire "les critiques et les militants de toute sorte".

Il prévoit des amendes et jusqu'à huit ans de prison pour ceux qui enfreindraient la législation, notamment les responsables d'ONG qui opéreraient sans être enregistrées. Il interdit aux ONG toute "activité qui nuirait aux intérêts de l'Ouganda".

Le pape François doit quitter vendredi le Kenya à destination de l'Ouganda, deuxième étape de son premier voyage sur le continent africain.

Vendredi dans un bidonville de Nairobi, il a dénoncé "l'atroce injustice de la marginalisation urbaine" et "le manque d'accès aux infrastructures et aux services de base" en condamnant "l'injuste distribution de la terre qui conduit des familles entières à payer des loyers exorbitants".

AFP

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