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Paris n’abandonnera pas Bangui, promet Ayrault


Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, à Paris, 3 juin 2016.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, à Paris, 3 juin 2016.

Le chef de la diplomatie française a promis que Paris ne laissait "pas tomber la Centrafrique" lors d'une conférence de presse jeudi à Paris au moment où s'achève officiellement l'opération militaire Sangaris dans ce pays encore extrêmement fragile.

"Bien entendu, nous ne laissons pas tomber la Centrafrique", a déclaré M. Ayrault à la presse en marge d'une réunion internationale à Paris consacrée aux opérations de maintien de la paix en milieu francophone. "Sangaris était une opération difficile, risquée, qui a été menée à bien. Il était légitime que le relais étant pris par la Minusca (force de l'ONU), l'opération s'arrête".

Sangaris est intervenue en décembre 2013 pour tenter de mettre fin aux tueries et au chaos dans lequel était plongé la Centrafrique depuis le renversement du président François Bozizé par une rébellion majoritairement musulmane, la Séléka. Le coup d'Etat avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka majoritairement chrétiennes.

L'intervention de la force française, puis celle de l'ONU, ont réduit les tueries mais n'ont pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire dans ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rend dimanche et lundi à Bangui pour mettre officiellement fin à Sangaris, qui a compté jusqu'à 2.000 hommes.

Quelque 350 militaires français resteront néanmoins en RCA, dont une unité équipée de drones tactiques au sein de la Minusca, qui compte quelque 10.000 hommes.

Le retrait de Sangaris "est une décision souveraine des autorités françaises. Maintenant que cette force se retire, notre souhait est de voir la France s'impliquer davantage dans les efforts de reconstruction de la Centrafrique, notamment d'aider à former les forces armées de la république centrafricaine (Faca)", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie centrafricaine, Charles-Armel Doubane.

"L'administration n'est pas déployée sur tout le territoire national, nous n'avons pas de forces intérieures, nous n'avons pas de forces armées nationales à même de garantir la sécurité, nous sommes sous le joug d'un embargo international sur les armes, et donc tout ça mis ensemble fait que l'on est dans une situation de fragilité", a-t-il soutenu, en insistant sur la nécessité d'un "accompagnement international".

Des attaques de groupes armés dans plusieurs localités de province ont fait plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines. Et des violences meurtrières ont secoué Bangui en début de semaine lors de manifestations organisées par la société civile pour dénoncer "la passivité" de la force de l'ONU face aux groupes armés.

"Ce qui se passe à Banguimontre toute la fragilité et toute la délicatesse des opérations de maintien de la paix dans un contexte d'effondrement de l'Etat", a estimé M. Doubane, en souhaitant que davantage de moyens soient mis à la disposition de la Minusca pour lui permettre de "mener à bien sa mission".

Avec AFP

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