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Paris et Moscou contre ISIS


La France a amorcé une coopération inédite avec la Russie dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie, alors que l'angoisse s'étendait en Europe quatre jours après les attentats sanglants de Paris, dont un suspect est en fuite

Les aviations russe et française ont de nouveau bombardé mardi Raqa, le fief syrien du groupe jihadiste qui a revendiqué à la fois les attaques de Paris et le crash d'un avion russe dans le Sinaï égyptien le 31 octobre 2015. Moscou a admis mardi pour la première fois qu'il s'agissait bien d'un attentat à la bombe.

Le président François Hollande, qui veut "anéantir" l'EI et Vladimir Poutine, désireux de "trouver et punir" les responsables de l'attentat, se sont ensuite entretenus par téléphone. Ils sont favorables à "une coordination plus étroite" entre services secrets sur la Syrie, a assuré le Kremlin.

Signe d'une coopération naissante, le maître du Kremlin a déjà ordonné à ses navires de "coopérer avec les alliés" français, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle appareille jeudi pour la Méditerranée orientale.

Joint par VOA Afrique, Emile Baroudi, journaliste libanais indépendant à Washington D.C, spécialiste du Moyen-Orient estime que les seules frappes aériennes n'auront pas d'effet. "Il faut impliquer les Etats arabes pour lutter contre l'esprit djihadiste dans les mosquées", a-t-il dit.

Jusqu'à présent, Paris et Moscou, qui mènent des raids en Syrie depuis la fin septembre, divergent sur le sort à réserver au président syrien Bachar al-Assad, soutenu par la Russie alors que la France exige son départ. Pour cette raison, les frappes russes se sont pour l'essentiel concentrées sur les rebelles dits modérés et non sur l'EI.

Dans un discours au ton martial lundi, le président Hollande a souhaité "unir" l'action des forces françaises, russes et américaines contre le groupe jihadiste. Il rencontrera le président Barack Obama le 24 novembre et Vladmir Poutine deux jours plus tard.

Ll'hypothèse d'un 9e homme

La France a également demandé l'assistance de l'Union européenne, invoquant un article des traités européens -jamais utilisé dans l'histoire de l'UE- qui prévoit une clause de solidarité en cas d'agression contre un pays de l'Union.

Ses voisins ont répondu d'autant plus favorablement qu'ils se sentent également menacés par le groupe Etat islamique.

Le match amical de football Allemagne-Pays-Bas, prévu mardi soir à Hanovre en présence de la chancelière Angela Merkel, a été annulé à la dernière minute en raison d'un risque "sérieux" d'"attentat à la bombe", a annoncé le chef de la police locale.

Quant à la Belgique, où pourrait se cacher Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir participé aux attentats de Paris, elle a relevé son niveau d'alerte et déployé mardi des militaires sur ses sites sensibles.

Ce Français de 26 ans est le frère d'un des sept jihadistes morts sur les lieux de leur crime à Paris. En fuite, il est considéré comme "dangereux" et "pourrait être lourdement armé", selon la police belge. Un troisième frère l'a appelé à se rendre, sur la chaîne de télévision BFM.

Les enquêteurs travaillent sur l'hypothèse qu'un neuvième homme ait participé aux attaques et pris la fuite. "Nous n'avons pas encore la vision du nombre de personnes impliquées dans les attentats", a reconnu mardi le Premier ministre Manuel Valls.

Avec AFP

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