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Islamabad critique Washington au sujet du raid contre Ben Laden


Le représentant spécial américain, Marc Grossman, et le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères, Salman Bashir, à Islamabad

Le représentant spécial américain, Marc Grossman, et le secrétaire pakistanais aux Affaires étrangères, Salman Bashir, à Islamabad

Dans un article publié, mardi, par le Washington Post, le président pakistanais Asif Ali Zardari reconnaît la non-implication de son pays dans le raid contre Ben Laden. Toutefois, a-t-il souligné, le Pakistan a aidé à identifier le messager dont la traque a conduit les agents de renseignements américains au repaire de Ben Laden.

Le Pakistan a sévèrement critiqué, mardi, l’opération commando américaine ayant permis de tuer Oussama Ben Laden. Islamabab rejette par ailleurs les allégations selon lesquelles il n’agirait pas activement contre les terroristes sur son territoire.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a fait savoir, dans une déclaration, que l’opération contre Ben Laden a eu lieu à l’insu des autorités nationales. Il précise, cependant, que les services de renseignements du Pakistan partagent, depuis 2009, avec la CIA et d’autres agences amies, les informations sur la résidence d’Abbottabad où le leader d’Al-Qaida a été abattu.

Journaux pakistanais

Journaux pakistanais

Dans un article publié, mardi, par le Washington Post, le président pakistanais Asif Ali Zardari reconnaît la non-implication de son pays dans le raid contre Ben Laden. Toutefois, a-t-il souligné, le Pakistan a aidé à identifier le messager dont la traque a conduit les agents de renseignements américains au repaire de Ben Laden.

Des voix s’élèvent aux Etats-Unis, notamment au Congrès, pour demander comment la présence du défunt chef d’Al-Qaida a pu passer inaperçu à Abbottabad, ville-garnison abritant, du reste, l’académie militaire du pays.

Plan de la résidence où vivait Ben Laden

Plan de la résidence où vivait Ben Laden

Au Pakistan, on se pose aussi des questions. Pour l’opposant Haroon Akhtar, le gouvernement Zardari se tait par crainte des représailles de groupes terroristes. « Je ne peux pas du tout croire que quatre hélicoptères puissent entrer dans ce pays, brouiller nos radars, sans que nous le sachions, et qu’ensuite le président Obama téléphone à notre président pour lui dire : « Merci beaucoup, nous sommes venus et nous avons tué tant de gens », a déclaré l’opposant pakistanais.

De nombreux Pakistanais sont furieux et embarrassés, considérant l’intervention américaine comme une violation de la souveraineté de leur pays.

Un homme se réjouissant devant la Maison-Blanche à l'annonce de la mort de Ben Laden

Un homme se réjouissant devant la Maison-Blanche à l'annonce de la mort de Ben Laden

L’émissaire américain pour le Pakistan et l’Afghanistan, Marc Grossman, séjourne à Islamabad pour une réunion précédemment prévue entre les Etats-Unis, le Pakistan et l’Afghanistan. « Les trois pays ici présents ont en commun l’engagement de mettre fin à l’extrémisme violent, et ces trois pays considèrent que la fin de Bin Laden, lundi, est un succès partagé de l’Afghanistan, du Pakistan et des Etats-Unis », a déclaré Grossman.

Certains Pakistanais disent qu’après la mort de Bin Laden, les Etats-Unis n’ont plus de raison de maintenir leurs troupes en Afghanistan ; une idée rejetée par les autorités américaines, qui disent que leur appui à l’Afghanistan se poursuivra jusqu’à ce que ce pays puisse être à même de venir à bout, tout seul, des insurgés talibans.

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