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Pakistan : au moins 148 tués, selon le nouveau bilan de l’attaque du commando taliban


La dépouille d'un étudiant tué par les talibans l'attaque de mardi sur une école à Peshawar, au Pakistan, mercredi 17 décembre, 2014.

La dépouille d'un étudiant tué par les talibans l'attaque de mardi sur une école à Peshawar, au Pakistan, mercredi 17 décembre, 2014.

Le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Asim Bajwa, a relevé mercredi le bilan de 148 morts, dont 132 écoliers, à la suite de l'attaque menée la veille par un commando dans une école publique à Peshawar.

La veille le nombre de morts étaient de 141.

Mercredi, le Pakistan est encore en deuil et pleure ses morts dont la plupart étaient des enfants tués par la rafale à la mitraillette.

L’attaque a été condamnée par le monde entier et des réactions exigeant à Islamabad d’agir pour éradiquer ces rebelles continuent à tomber.

De nombreux commerces et écoles sont restés fermés, et des cérémonies de prières organisées en mémoire des victimes à travers un pays encore sonné, où les appels se multipliaient pour faire cesser une bonne fois pour toute les attentats islamistes.

L'attaque de Peshawar est l'acte terroriste le plus sanglant de l'histoire du Pakistan, une triste performance dans un pays où les attentats ont tué plus de 7.000 personnes depuis 2007 et l'émergence des talibans locaux du TTP, auteurs du massacre.

Elle a été condamnée avec émotion et dans les termes les plus forts par les plus grands pays et leader mondiaux, de Barack Obama à Vladimir Poutine en passant par le Pape François qui a demandé à Dieu de "convertir le coeur des violents".

Pressé d'agir, le Premier ministre Nawaz Sharif a pris dès mercredi matin une mesure symbolique forte en annonçant la levée du moratoire sur la peine de mort, en vigueur depuis 2008, dans les cas de terrorisme.

Autre initiative, la soudaine visite à Kaboul du chef l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif, pour parler de coopération anti-terroriste avec son voisin afghan. Une source militaire, il souhaite notamment voir Kaboul arrêter les combattants du TTP réfugiés selon lui dans le nord-est afghan, d'où ils planifient leurs attaques.

En attaquant une école fréquentée par des enfants de militaires, le TTP a déclaré s'être vengé de l'armée qui a lancé en juin dernier une offensive militaire d'ampleur contre lui dans son bastion tribal du Waziristan du Nord, près de la frontière afghane.

L'offensive a été saluée comme un succès par l'armée, qui a affirmé y avoir tué plus de 1.600 rebelles et capturé 3.000 autres, mais les experts du dossier sont plus sceptiques, soulignant notamment que les multiples opérations similaires menées depuis dix ans n'ont pas fait cesser les violences.

Le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Asim Bajwa, a relevé mercredi le bilan de l'attaque à 148 morts, dont 132 écoliers, contre 141 la veille.

Au premier des trois jours de deuil national décrété après ce "massacre des innocents", selon la presse locale, toutes les écoles publiques et privées sont restées closes en Khyber Pakhtunkhwa, la province du nord-ouest où a eu lieu l'attaque, et la région la plus ensanglantée par les attentats depuis 2007.

Dans les autres provinces du pays comme le Pendjab (est) ou le Sind (sud), les écoles sont soit restées fermées ou ont organisé des prières spéciales en mémoire des victimes.

Nombre des morts de l'attaque, souvent des écoliers ramenés de l'école dans leurs uniformes vers ensanglantés, ont été enterrés entre mardi soir et mercredi par leurs familles éplorées.

Ceux qui en ont réchappé ont raconté mercredi l'horreur vécue la veille comme Ahmad Faraz, 14 ans, blessé et soigné au Lady Reading, le principal hôpital public de Peshawar

"C'était comme dans un western", a raconté à l'AFP celui qui était en cours avec 250 autres écoliers lorsque les talibans ont fait irruption dans l'amphithéâtre.

Vêtus d'uniformes de paramilitaires et ceints de vestes chargées d'explosifs, ils ont commencé à "tirer continuellement, de droite à gauche et de gauche à droite" en criant "Allahu Akbar!" ("Dieu est grand"), se rappelle-t-il.

"La salle s'est remplie de cris et de pleurs (...) Puis un taliban a dit aux autres: +Il en reste qui se cachent sous les bancs et les bureaux, tuez les tous!+.Ils ont alors commencé à nous tuer un par un, c'était un cauchemar, j'entendais les cris à chaque balle qu'ils tiraient".

Blessé par balle à l'épaule, il fait le mort, puis s'évanouira. Lui a eu de la chance: il s'est réveillé à l'hôpital, miraculé.

- Poison idéologique -

Face au choc, le Premier ministre Nawaz Sharif et son armée ont réaffirmé leur entière détermination à éliminer ces violences.

M. Sharif, arrivé dès mardi à Peshawar, y a présidé mercredi une conférence nationale rassemblant tous les partis politiques qui a condamné l'attaque sans équivoque.

Mais nombre d'observateurs soulignent qu'il faudra bien plus que des incantations et opérations militaires ciblées pour éradiquer du Pakistan l'idéologie islamiste mise en avant par les talibans.

Héritée notamment de décennies de conflits avec l'Inde et en Afghanistan voisin, elle est bien implantée et influente dans ce pays pauvre de près de 200 millions d'habitants, y compris dans la classe politique.

"Les opérations militaires resteront des opérations de pompiers tant qu'on ne s'attaquera pas aux racines idéologiques de la rébellion", soulignait ainsi le quotidien Dawn.

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