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Une université attaquée au Pakistan par des hommes armés


Une attaque contre une université dans le nord-ouest du Pakistan mercredi a fait 21 morts, a annoncé un responsable de la police, selon qui les opérations des forces de sécurité sont terminées.

Le bilan de l'attaque terroriste est passé à 21" tués, a indiqué à l'AFP le chef de la police régionale, Saeed Wazir, revoyant nettement à la hausse un précédant bilan de 12 morts. Il n'a pas précisé si les quatre assaillants que l'armée avait auparavant indiqué avoir tués figuraient parmi les morts.

"L'opération est terminée, les recherches sont en cours dans la zone qui est en train d'être dégagée par la police et les forces de sécurité", a-t-il ajouté.

Selon lui, "la plupart des étudiants ont été tués par balles par les assaillants dans des résidences pour garçons" du campus de Bacha Khan à Charsadda, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Peshawar.

"L'armée a bouclé la zone", a tweeté le porte-parole de la puissante armée pakistanaise, le général Asim Bajwa, faisant état de "quatre terroristes (...) tués".

"Les terroristes sont encerclés dans deux bâtiments au sein de l'université", a-t-il ajouté, assurant peu après que les militaires avaient pris le contrôle des bâtiments et des toits.

"Nous craignons que 20 personnes ne soient mortes", a indiqué de son côté Shaukat Yousafzai, le ministre de l'Information pour la province de Khyber Pakhtunkhwa, dont Peshawar est la capitale.

"Une douzaine de personnes ont été transportées vers l'hôpital principal du district, et les plus grièvement blessées sont en train d'être transférées vers Peshawar", a-t-il ajouté.

Selon lui, les assaillants étaient au nombre d'une dizaine.

Deux fortes explosions ont retenti sur le campus, tandis que des hélicoptères survolaient les lieux, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Des chaînes de télévision diffusaient des images montrant des étudiantes fuyant le campus, et les routes de Charsadda bloquées par l'arrivée des forces de sécurité.

L'université a été bouclée, a indiqué Nasir Durrani, le chef de la police pour la province. Des véhicules blindés ont été déployés.

Un étudiant en géologie, Zahoor Ahmed, a dit à l'AFP avoir entendu des tirs alors qu'il se trouvait dans une résidence étudiante du campus.

"Nous sommes sortis, mais nous avons été bloqués par notre professeur de chimie qui nous a conseillé de revenir à l'intérieur". "Il avait un pistolet à la main, j'ai vu une balle l'atteindre, deux assaillants tiraient de tous les côtés", raconte-t-il.

"Je me suis précipité à l'intérieur et j'ai réussi à m'enfuir en sautant par dessus le mur à l'arrière" du bâtiment.

- Pas de menace spécifique -

"Des membres du personnel, femmes et hommes, ainsi que des étudiants se trouv(ai)ent sur le campus" lors de l'attaque en début de matinée, a indiqué Fazal Raheem Marwat, vice-président de l'université. L'établissement n'avait pas reçu de menace spécifique, "mais nous avions renforcé la sécurité dans l'université".

Le pire attentat du pays a été perpétré il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar, prise d'assaut par des talibans qui avaient massacré de sang froid plus de 150 personnes, en majorité des écoliers.

Ce 16 décembre 2014, un commando de neuf talibans était entré dans l'école publique de l'armée (APS), semant la mort classe par classe pendant des heures, en représailles à une offensive militaire en cours contre les groupes armés.

Cette attaque, qui a traumatisé un pays déjà secoué par une décennie de violences, a déclenché une campagne contre l'extrémisme au Pakistan. L'armée y a intensifié son offensive dans les zones tribales où les islamistes armés opéraient auparavant en toute impunité.

En conséquence, le nombre d'attentats a nettement baissé en 2015. Mardi néanmoins, un attentat suicide à la périphérie de Peshawar a coûté la vie à 10 personnes.

Avec AFP

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