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Ouverture d'enquête sur des viols présumés de déplacées au Nigeria


Quelques femmes assises attendent la distribution de nourriture dans un camp, Maiduguri, Nigeria, septembre 2016. (Photo: C. Oduah)

Quelques femmes assises attendent la distribution de nourriture dans un camp, Maiduguri, Nigeria, septembre 2016. (Photo: C. Oduah)

Le chef de la police nigériane a ordonné une enquête sur des accusations de viols et d'exploitation sexuelle présumés commis notamment par des policiers sur des femmes réfugiées dans des camps du nord-est du pays après avoir fui les jihadistes de Boko Haram.

Lundi, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait accusé dans un rapport des responsables nigérians d'avoir violé ces déplacées, qui ont déjà été victimes des violences du groupe islamiste Boko Haram.

HRW affirme avoir en juillet recensé 43 femmes et filles dans sept camps de déplacés de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno (nord-est), qui ont été abusées sexuellement par des responsables de camps, des policiers et des soldats. Parmi ces femmes, quatre ont affirmé avoir été violées et 37 autres avoir été conduites à avoir des relations sexuelles avec ces responsables en échange de fausses promesses de mariage ou d'aide médicale et financière.

Réagissant jeudi dans un communiqué à ces accusations, le chef de la police fédérale, Ibrahim K. Idris, s'est dit "très inquiet", et a désigné une équipe spécifique pour mener une "enquête discrète et impartiale".

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'était également dit en début de semaine "inquiet et choqué" par ces accusations.

M. Idris a ajouté que des commandants de police avaient reçu l'ordre de renforcer la sécurité dans les camps afin d'"assurer la sécurité de tous les déplacés et (...) que tout criminel soit puni selon la loi".

"Aucun acte qui viole la dignité humaine des déplacés" ne sera toléré, a-t-il fait savoir.

De son côté, le gouverneur de l'Etat du Borno a réclamé que des policiers en civil soient déployés pour patrouiller dans les camps.

Cette région du nord-est du Nigeria a été dévastée par l'insurrection islamiste ultra violente de Boko Haram et sa répression féroce par l'armée et les services de sécurité. Ces violences ont fait au moins 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

Selon HRW, les pénuries de nourriture, de vêtements, de médicaments sont telles dans les camps qu'elles rendent ces déplacés particulièrement vulnérables aux abus et à l'exploitation: "dans certains cas, les hommes utilisent leur position de pouvoir et des cadeaux sous la forme de nourriture ou d'objets de première nécessité pour avoir des relations sexuelles avec ces femmes", explique HRW dans son rapport.

En juillet, l'ONU a annoncé que 250.000 enfants de moins de 5 ans souffraient de malnutrition aiguë dans le seul Etat du Borno.

Avec AFP

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