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Ouganda : un tribunal ordonne l'arrêt des poursuites contre l'ex-chef du renseignement


Le général David Sejusa lors d’une audience devant la cour martiale en Ouganda

Le général David Sejusa lors d’une audience devant la cour martiale en Ouganda

Un tribunal ougandais a ordonné à la justice militaire d'abandonner les poursuites contre l'ancien chef du renseignement, le général David Sejusa, devenu critique virulent du président Yoweri Museveni, arguant qu'il ne fait plus partie de l'armée, a affirmé samedi son avocat.

Une cour martiale lui reproche notamment d'avoir relayé de la propagande et de s'être livré à des activités politiques alors qu'il était encore militaire, en contradiction avec les règlements de l'armée. Mais M. Sejusa avait contesté faire encore partie de l'armée et saisi la Haute Cour de Kampala.

"La juge de la Haute Cour Margaret Ouma Oguli a jugé que le général Sejusa n'était plus un officier militaire en fonction", a déclaré à l'AFP son avocat David Mushabe, soutenant que les poursuites devant la cour martiale "se sont écroulées". "La cour martiale n'a aucune juridiction sur lui", a-t-il dit.

Privé de son salaire, de son uniforme et de ses armes, M. Sejusa n'était de facto plus un membre de l'armée, bien que l'Etat ait refusé de rayer officiellement son nom des registres, a estimé le tribunal, cité dans la presse ougandaise.

Aucun responsable judiciaire n'était joignable dans l'immédiat pour confirmer l'information ou préciser les éventuelles implications de cette décision. Un appel de la part de l'Etat est possible.

Ancien membre de la plus haute hiérarchie ougandaise et proche conseiller du chef de l'État, le général Sejusa était tombé en disgrâce en 2013 après avoir affirmé dans une note confidentielle que le président Museveni préparait sa succession en faveur de son fils Muhoozi Kainerugaba, et prévoyait de faire assassiner ceux qui s'opposaient à ce projet au sein du régime.

Le général Sejusa s'était exilé en avril 2013 au Royaume-Uni, où il avait fondé un parti d'opposition, pour ensuite rentrer en Ouganda début 2015.

Il avait été arrêté le 31 janvier et avait assisté derrière des barreaux à la réélection de M. Museveni le 18 février pour un cinquième mandat au terme d'un scrutin controversé dont l'opposition rejette les résultats. M. Sejusa a finalement été libéré début avril sous conditions.

Le chef de l'opposition ougandaise, Kizza Besigye, a été arrêté le 16 mai et inculpé de trahison après avoir organisé une cérémonie alternative d'investiture, au nez et à la barbe des forces de sécurité et à la veille de la prestation de serment de M. Museveni.

Avec AFP

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