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Ouganda : le président Museveni célèbre sa victoire par une promenade avec ses vaches


Le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, a voté à Rushere, dans le district de Kiruhura à près de 400 kms de Kampala, en Ouganda, le 18 février 2016.

Le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, a voté à Rushere, dans le district de Kiruhura à près de 400 kms de Kampala, en Ouganda, le 18 février 2016.

Dans un discours télévisé M. Museveni s'est dit "très content des Ougandais qui ont voté massivement", brocardant les chefs de l'opposition qui "ne sont pas des dirigeants mais des démagogues, des menteurs, qui parlent, parlent".

Le président ougandais Yoweri Museveni a célébré par une promenade avec ses vaches sa réélection pour un cinquième mandat à l'issue d'un scrutin dénoncé comme "frauduleux" par l'opposition et contesté par les observateurs internationaux.

Dans un discours télévisé retransmis depuis son ranch familial dans l'ouest du pays, M. Museveni s'est dit "très content des Ougandais qui ont voté massivement", brocardant les dirigeants de l'opposition qui "ne sont pas des dirigeants mais des démagogues, des menteurs, qui parlent, parlent".

"Nous utiliserons la manière douce et la manière forte pour maintenir la paix en Ouganda, a-t-il lancé. Par manière douce je veux dire parler à la jeunesse, que ces hommes politiques criminels tentent d'utiliser. Mais on peut aussi utiliser la manière forte mais non-létale pour s'occuper des trouble-fêtes".

Après avoir voté jeudi, le président âgé de 71 ans avait affirmé qu'il allait se reposer, "marcher pour faire de l'exercice et ensuite aller voir (ses) vaches".

Des photos diffusées dimanche sur le compte Twitter du centre des médias du gouvernement (@UgandaMediaCent) montrent M. Museveni, portant son éternel chapeau rond à larges bords, marchant une canne à la main au milieu d'un troupeau de vaches à longues cornes et parlant à ses vachers, ou entouré de sa famille.

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1986, est né dans une famille d'éleveurs de vaches de l'ouest du pays et a affirmé qu'il retournerait s'occuper de ses troupeaux s'il perdait le pouvoir.

M. Museveni l'a emporté samedi avec 60,7% des voix au terme d'une semaine marquée par la répression qui s'est abattue sur l'opposition. Son principal adversaire, l'opposant historique Kizza Besigye, qui a récolté 35,3% des suffrages, a été interpellé deux fois depuis la tenue du scrutin jeudi, et sa maison a été encerclée par la police à l'annonce des résultats.

M. Besigye a dénoncé une "parodie" d'élection alors que l'autre candidat de l'opposition Amama Mbabazi, arrivé troisième avec 1,4% des voix, a estimé que "les résultats annoncés ne représentaient pas la volonté du peuple ougandais".

Dans son discours, le président a balayé les critiques sur la Commission électorale, dont l'impartialité a été mise en cause par les observateurs de l'Union européenne et du Commonwealth, et sur des "irrégularités" dans le scrutin évoquées par les Etats-Unis.Selon Washington, l'élection n'était "pas du tout en adéquation avec les standards internationaux et les attentes en matière de processus démocratique".

"Je n'ai de leçon à recevoir de personne, a-t-il lancé. Ces Européens ne sont pas sérieux". Il a écarté les accusations de fraude en affirmant que si elles étaient vraies, il aurait été déclaré vainqueur à Kampala, alors que la capitale est réputée acquise à l'opposition.

"Pourquoi avons-nous accepté de perdre là où nous pouvions frauder? C'est bidon", a-t-il estimé.

AFP

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