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Ouganda : la liberté de la presse menacée à l'approche des élections


Des militants ougandais ont mis en garde sur les menaces pesant sur la liberté de la presse, après la fermeture d'une radio qui avait diffusé une interview avec un candidat de l'opposition à la présidentielle du 18 février.

La radio Endigyito FM a été fermée le 20 janvier, deux jours après avoir diffusé une interview avec Amama Mbabazi, ex-premier ministre qui a rejoint l'opposition. Le gouvernement a réfuté tout muselage de la presse, expliquant que la radio avait cessé d'émettre pour des impayés.

Selon Robert Sempala, membre du Réseau ougandais des droits de l'Homme pour les journalistes, cette fermeture pourrait être "un geste politique car elle implique un candidat de l'opposition à la présidentielle.

Depuis octobre, a-t-il dit, 40 journalistes ont été arrêtés ou molestés, se sont vus confisquer leur matériel, ont été empêchés de couvrir des évènements ou ont été licencés après avoir parlé à des opposants. Trois autres auraient été tués par la police. Et "la situation va empirer à l'approche des élections", a-t-il averti.

"Il est absolument vital que les citoyens ougandais reçoivent des informations de différentes sources, spécialement avant les élections", a souligné dans un communiqué le Comité de protection des journalistes (CPJ), basé à New York.

Au pouvoir depuis 1986, le président Yoweri Museveni affrontera au premier tour de la présidentielle le 18 février sept candidats, dont l'opposant historique Kizza Besigye, dirigeant du Forum pour un changement démocratique (FDC) et M. Mbabazi.

Plusieurs candidats ont exprimé leurs craintes de violences avant le scrutin, fomentées par des brutalités policières selon l'opposition elle-même accusée par le pouvoir de créer des milices.

Selon le gouvernement, des responsables de la Commission ougandaise des communications (UCC) ont perquisitionné la station de radio et confisqué du matériel en raison du non-paiement de frais de licences d'environ 11.000 dollars.

L'UCC "est simplement dans son mandat de faire appliquer la loi", a estimé le porte-parole du gouvernement, Ofwono Opondo.

Avec AFP

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