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Ouagadougou demande la levée du secret défense français dans l'affaire Sankara


Des posters à l’effigie de Thomas Sankara à Ouagadougou lors de la commémoration du 28eme anniversaire de son assassinat, Burkina Faso, le 15 octobre 2015 (VOA/Bagassi Koura)

Des posters à l’effigie de Thomas Sankara à Ouagadougou lors de la commémoration du 28eme anniversaire de son assassinat, Burkina Faso, le 15 octobre 2015 (VOA/Bagassi Koura)

Les avocats de sa famille révèlent que la justice militaire du Burkina Faso a demandé à la justice française, la levée du secret-défense afin de déterminer le rôle éventuel de la France dans l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara, le 15 octobre 1987.

Il n'a pas été possible dans l'immédiat de confirmer cette information auprès de la justice du Burkina Faso.

"Une commission rogatoire a été (transmise) à la justice française pour l'audition d'un certain nombre de personnes, mais aussi pour demander la levée du secret défense que nous n'avons pas obtenue par la voie politique", a déclaré lors d'une conférence de presse, Bénéwendé Stanislas Sankara, membre du collectif d'avocats de la famille du "père de la révolution".

"Le juge (burkinabè) a des pistes, des indices parce qu'à un certain moment donné, il y a des informations qui circulaient (disant) que la France serait impliquée dans l'assassinat (de Thomas Sankara). Donc c'est pour vérifier", a-t-il dit.

De nombreux partisans du président Sankara pensent que la France a ourdi ou a pris part au coup d'Etat au cours duquel il a été tué et qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir.

Des députés burkinabè et la veuve de Thomas Sankara, Mariam, ont réclamé en vain en 2015 à la France la levée du secret défense et une enquête parlementaire.

Au total, quatorze personnes ont été inculpées pour leur rôle présumé dans l'assassinat du président Thomas Sankara. Son tombeur, Blaise Compaoré, chassé par la rue le 31 octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, s'est réfugié en Côte d'Ivoire où il est visé par un mandat d'arrêt après son inculpation pour "assassinat, recel de cadavre et attentat à la sûreté de l'Etat".

"Le mandat d'arrêt lancé contre Blaise Compaoré n'a jamais été annulé et on veut qu'il vienne répondre des actes posés", a lancé l'avocat.

"Le 7 mars, le juge a lancé un mandat en ce qui concerne Blaise Compaoré et le 11 mars en ce qui concerne Hyacinthe Kafando (ancien chef de la garde rapprochée de Compaoré, soupçonné d'être le chef du commando qui a tiré sur le président Sankara, NDLR) qui serait également en Côte d'Ivoire. La procédure suit son cours et nous attendons", a indiqué l'avocat.

"Il y a un certain nombre d'accords entre les deux pays en matière judiciaire que nous pouvons aussi invoquer pour exiger l'extradition des deux" inculpés, a souligné l'avocat.

"En 22 mois, il y a eu quatorze inculpations, plus de 100 auditions de témoins. Je ne connais pas un seul juge d'instruction burkinabè qui ait fait ce travail. C'est un record. Nous estimons qu'il y a une avancée significative", s'est réjoui l'avocat rappelant que le dossier était resté au point mort pendant toutes les années au pouvoir de Compaoré.

Avec AFP

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