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Opposants emprisonnés en Angola : cyberattaque contre des sites gouvernementaux


Le militant angolais Luaty Beirao (2ème rang au centre) à Luanda, en Angola le 16 novembre 2015.

Le militant angolais Luaty Beirao (2ème rang au centre) à Luanda, en Angola le 16 novembre 2015.

Le groupe Anonymous PORTUGAL a revendiqué une attaque informatique contre une vingtaine de sites gouvernementaux angolais, en représailles à la condamnation lundi à Luanda de 17 opposants politiques alors que les "vrais criminels sont dehors" selon les hackers.

"#Angola #Luaty Les vrais criminels sont dehors, défendus par un système capitaliste qui se répand de plus en plus dans l'esprit de personnes faibles et exemptes d'indépendance intellectuelle, ne vous faites pas avoir", a lancé Anonymous PORTUGAL mardi soir sur sa page Facebook.

"Quatre à huit ans de prison, et les violations des droits de l'Homme qui ne seront jamais connues. La lutte continue", a ajouté le collectif, avant d'énumérer la vingtaine de sites gouvernementaux angolais qu'il a bloqués.

Les sites visés par Anonymous PORTUGAL étaient toujours bloqués mercredi matin, et le gouvernement angolais n'était pas immédiatement joignable pour réagir à cette cyberattaque.

Lundi, un tribunal de Luanda a condamné à des peines de 2 à 8 ans de prison 17 opposants, dont le rappeur Beirao Luaty, reconnus coupables notamment de tentative de rébellion.

Beirao Luaty a la double nationalité portugaise et angolaise et bénéficie d'un large soutien au Portugal - ancienne puissance coloniale en Angola - où son procès a été suivi avec attention.

Le verdict a été dénoncé par plusieurs organisations des droits de l'Homme, dont Amnesty International qui estime "injustifiable" la condamnation de militants "pacifistes".

Ces derniers, membres du Mouvement révolutionnaire pour l'Angola, avaient été arrêtés en juin 2015 "alors qu'ils discutaient politique et problèmes de gouvernance dans le pays", a rappelé Amnesty dans un communiqué.

Les 17 condamnés "sont les victimes d'un gouvernement déterminé à intimider ceux qui osent questionner sa politique répressive", a ajouté l'organisation.

Le Mouvement révolutionnaire pour l'Angola a affirmé que cette condamnation "ne les intimidait pas". "Nous n'allons pas cesser la contestation contre le régime du dictateur au pouvoir depuis 37 ans", José Eduardo dos Santos, a déclaré à l'AFP le rappeur Adao Bunga "Mc Life", membre de l'organisation.

Le Mouvement révolutionnaire pour l'Angola réclame le départ de José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979. Ce dernier a annoncé début mars qu'il se retirerait de la vie politique en 2018.

Par ailleurs, l'homme qui avait crié lundi dans le tribunal, à l'annonce du verdict, que le procès avait été une "parodie de justice" a été condamné mardi à 8 mois de prison.

Avec AFP

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