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L'opposant Kebzabo interrogé dans une affaire de militaires disparus au Tchad


L'opposant tchadien Saleh Kebzabo votant à N’Djamena, le 10 avril 2016 (VOA/Bagassi Koura)

L'opposant tchadien Saleh Kebzabo votant à N’Djamena, le 10 avril 2016 (VOA/Bagassi Koura)

Le chef de file de l'opposition tchadienne, Saleh Kebzabo, a été entendu comme "témoin" par la police judiciaire dans le cadre de la disparition présumée d'une vingtaine de militaires après la présidentielle d'avril.

Cette audition intervient au lendemain de la cérémonie d'investiture du président Idriss Deby Itno, dans un climat tendu après la mort dimanche d'un manifestant à N'Djamena lors d'une marche d'opposants qui contestaient sa réélection.

"A la demande du procureur général, nous avons entendu Monsieur Kebzabo comme témoin sur l'affaire des présumés militaires disparus au lendemain de l'élection présidentielle du 10 avril", a déclaré à l'AFP une source judiciaire, précisant que l'audition a duré deux heures.

Fin avril, l'opposition avait dénoncé la disparition de militaires qui auraient refusé de voter pour le président Deby, candidat à un cinquième mandat, et dont certains auraient été "arrêtés et emprisonnés".

Un enquête sur la disparition d'"au moins 20 militaires" a été ouverte mi-mai par le parquet de N'Djamena, après que la France et les ONG Amnesty international et la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) eurent demandé aux autorités de faire "toute la lumière" sur cette mystérieuse affaire.

Certains médias nationaux faisaient alors état de 40 à 60 membres des forces de défense et de sécurité portés disparus.

La semaine dernière, l'Assemblée nationale a autorisé la levée de l'immunité parlementaire de Saleh Kebzabo et Gali Ngothé Gatta, tous deux députés d'opposition à l'origine des premières accusations et candidats défaits à la dernière présidentielle, afin qu'ils puissent être entendus.

"Je suis honoré d’être la première personne qui a été reçu par la police judiciaire pour inaugurer le quinquennat d’Idriss Deby", a ironisé Saleh Kebzabo, joint par VOA Afrique après avoir été entendu par la police judiciaire.

Avec AFP

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