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Opération antiterroriste à Bruxelles: deux fugitifs recherchés, le suspect tué lié à l'EI


Une vue d'ensemble montre l'hôtel Appart'City à Alfortville , près de Paris , France , le 17 novembre 2015 où deux chambres ont été loués par les suspects des attaques de Paris

Une vue d'ensemble montre l'hôtel Appart'City à Alfortville , près de Paris , France , le 17 novembre 2015 où deux chambres ont été loués par les suspects des attaques de Paris

La chasse à l'homme se poursuit en Belgique où deux personnes sont toujours recherchées après une opération antiterroriste liée aux attentats de Paris, qui s'est soldée par la mort d'un Algérien apparemment lié au groupe Etat islamique.

Le Premier ministre Charles Michel a exhorté mercredi la population belge à "rester calme et garder son sang-froid", à l'issue d'une réunion des principaux ministres et responsables des services de sécurité belges.

L'alerte antiterroriste dans le pays a été maintenue au niveau 3 (sur 4 possibles), ce qui signifie que "la menace est possible et vraisemblable", a-t-il souligné.

En France, le président François Hollande a appelé à "la plus grande vigilance" après l'opération belge qui avait eu lieu mardi, alors que quatre islamistes présumés ont été arrêtés mercredi matin en région parisienne, dont l'un soupçonné de préparer "des actions violentes" dans l'Hexagone.

"Le niveau de la menace reste très élevé", a souligné M. Hollande. Son ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est toutefois employé à minimiser le risque d'un attentat "imminent".

Une perquisition de routine visant un appartement de la commune bruxelloise de Forest, dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, avait dégénéré en fusillades mardi après-midi. Une vaste opération de police avait alors été déclenchée, au cours de laquelle un homme, identifié comme Mohamed Belkaïd, avait été tué.

A côté de son cadavre ont été découverts "une kalachnikov, ainsi qu'un livre sur le salafisme" et un drapeau de l'Etat islamique, selon un porte-parole du parquet fédéral, Thierry Werts.

Séjournant illégalement en Belgique, Mohamed Belkaïd n'était connu de la justice locale que pour un "vol simple" en 2014, et pas connu du tout des services de sécurité algériens.

"Deux personnes, qui se trouvaient vraisemblablement aussi dans l'appartement et dont l'identité est encore inconnue, ont réussi à prendre la fuite et sont activement recherchées", a indiqué M. Werts.

- Portrait-robot diffusé -

La police a diffusé en interne le portrait-robot d'un fugitif, selon plusieurs médias belges. "De type nord-africain, âgé d'entre 25 et 28 ans, il mesure 1m85 (...), a le teint mat et portait une casquette blanche", selon le quotidien La Dernière Heure.

Tout a démarré vers 14H15 mardi, quand quatre policiers belges et deux français se sont présentés à l'entrée de la maison de Forest, dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts).

Dès l'ouverture de la porte, "au moins deux personnes armées d'un riot gun (fusil anti-émeute) et d'une kalachnikov ont immédiatement ouvert le feu sur les policiers", et s'en est suivi "un échange de tirs bref mais nourri", a raconté Thierry Werts.

Trois policiers ont été légèrement blessés, dont une Française. Un quatrième, un Belge, le sera plus tard dans l'après-midi, touché "légèrement à la tête" alors que les policiers continuaient d'essuyer des tirs depuis l'appartement.

C'est à une fenêtre où il apparaissait que Belkaïd a été abattu "par un tireur d'élite des unités spéciales, alors qu'il allait clairement ouvrir le feu sur la police", selon M. Werts. "11 chargeurs de kalachnikov et de très nombreuses munitions" ont été découverts dans l'appartement.

- 'Ce n'est pas ça, Bruxelles' -

La police a relâché mercredi deux suspects qui avaient été interpellés pour vérifier leur possible implication. Au moins quatre perquisitions liées à l'opération de Forest avaient eu lieu dans la soirée et la nuit précédentes, permettant la saisie d'une kalachnikov.

L'opération de mardi - une perquisition parmi les "plus de 100" effectuées en Belgique depuis le 14 novembre - visait "l'entourage d'un ou plusieurs des 11 inculpés belges" dans l'enquête belge sur les attentats parisiens, selon une source policière française.

L'enquête a montré que ces attaques avaient été largement préparées et coordonnées depuis Bruxelles, notamment par Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien et activement recherché depuis quatre mois.

"Ca ne donne pas une bonne image, ce n'est pas ça, Bruxelles", soupire Serge Carlier, 57 ans, qui vit à Forest. "On est un carrefour de l'Europe. C'est une plaque tournante pour beaucoup de choses", tente d'expliquer Nadine, une agente de sécurité de 39 ans.

Avec AFP

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