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L'Opep va tenter de s'accorder sur une limitation de sa production de pétrole


Un drapeau iranien vole au dessus d'une production de pétrole, en Iran, le 25 juillet 2005.

Un drapeau iranien vole au dessus d'une production de pétrole, en Iran, le 25 juillet 2005.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) va tenter mercredi à Vienne de sceller un accord pour limiter sa production et ainsi faire remonter les cours, mais de nombreuses incertitudes pèsent sur ces négociations extrêmement complexes.

Ce serait la première fois depuis 8 ans que le cartel parviendrait à s'entendre pour diminuer sa production.

Depuis plusieurs semaines, les tractations entre les 14 membres pour mettre en place des quotas par pays vont bon train pour aboutir à cet accord, réclamé à cor et à cri par les pays les plus dépendants de la manne pétrolière (Nigeria, Venezuela...), mais compromis par les fortes rivalités entre l'Iran et l'Arabie saoudite, et la situation précaire de certains producteurs en guerre (Irak, Libye).

Les ministres de l'Opep sont convenus il y a deux mois à Alger lors d'une réunion informelle de ramener leur production entre 32,5 et 33 millions de barils par jour (mbj) et de parvenir à un accord avec d'autres grands producteurs, à commencer par le premier d'entre eux, la Russie, qui s'y est dit favorable, pour relancer des cours déprimés par une surabondance d'offre depuis l'été 2014.

Tombés en début d'année à 26-27 dollars le baril, les prix du pétrole ont amorcé depuis une spectaculaire remontée, alimentée par des interruptions de production et les espoirs d'une entente internationale sur les niveaux de production. Ils oscillent depuis mi-août entre 42 et 53 dollars le baril en moyenne.

"Un nombre croissant d'analystes pétroliers semble s'accorder avec les marchés sur le fait que l'Opep sera en mesure de s'entendre sur une certaine forme d'accord avec la Russie pour résorber la production de brut", a commenté Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com.

Le ministre algérien de l'Energie Noureddine Boutarfa et son homologue vénézuélien Eulogio del Pinose sont attendus lundi à Moscou pour tenter de convaincre la Russie d'abaisser sa production de 600.000 barils par jour.

Le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak avait fait savoir jeudi que le cartel avait proposé à Moscou de réduire sa production de 500.000 barils par jour.

Reste à savoir si une telle mesure peut encore être efficace, alors que l'Opep a pompé plus de brut que jamais en octobre - 33,64 mbj -, que la production russe a beaucoup augmenté ces dernières années pour atteindre plus de 11 mbj, et que plusieurs membres de l'Opep demandent à être exemptés de toute mesure contraignant leur offre.

'Puzzle mondial'

Selon des informations ayant fuité cette semaine dans la presse, chaque pays se verrait proposer de réduire sa production 4% à 4,5%, à l'exclusion de la Libye, qui a jugé dimanche "impensable" toute réduction de sa production, et du Nigeria.

"L'impact de toute décision de l'Opep sur les prix moyens de 2017 est considérablement surévalué dans la mesure où toute réduction potentielle de la production ne constituerait qu'une partie relativement faible du puzzle mondial de l'offre et de la demande, avec des facteurs de contrepoids tels que le pétrole de schiste américain", ont commenté les analystes de JBC Energy.

L'Arabie saoudite, après avoir un temps estimé "impératif" un consensus, a soufflé un coup de froid. "Nous nous attendons à un rétablissement de la demande en 2017, les prix vont se stabiliser, sans intervention de l'Opep", a déclaré dimanche Khalid Al-Falih, le ministre de l'Energie saoudien, selon des propos rapportés par la presse saoudienne.

"Un moyen évident de préparer les marchés à un éventuel échec des négociations", rapportait Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

L'Irak, deuxième producteur du groupe, a envoyé des messages contradictoires et l'Iran semble moins enclin au compromis.

Selon le Financial Times lundi, l'Arabie saouditeaurait proposé à l'Iran de geler sa production à 3,8 millions de barils par jour (en échange d'une baisse de 4,5% de sa propre production, d'environ 10,5 millions de barils).

Ceci alors que Téhéran, habitué de longue date à évoluer au sein d'un marché déprimé en raison des sanctions occidentales qui ont pesé sur le pays de 2012 à 2015, se refuse catégoriquement à baisser son offre.

Avec AFP

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