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L'Opep réuni à Vienne, optimisme sur une baisse de production


Vue générale sur la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, au siège social à Vienne, Autriche, le 30 novembre 2016.

Vue générale sur la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, au siège social à Vienne, Autriche, le 30 novembre 2016.

Les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont affiché mercredi leur volonté de dépasser les différends entre Arabie saoudite, Iran et Irak en vue de limiter la production du cartel mais le suspense demeurait sur leur capacité à sceller un accord.

"L'humeur est généralement optimiste et positive", a déclaré le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Falih avant le début de la réunion des quatorze membres du groupe, ce qui a fait bondir les cours du pétrole.

Mais, soufflant le chaud et le froid, le ministre du premier exportateur mondial a également estimé qu'il ne savait pas si un accord serait conclu et a relativisé son importance: "S'il n'y a pas d'accord, le marché va se rétablir, lentement mais sûrement et donc je ne suis pas inquiet", a-t-il ajouté, fidèle à la ligne défendue depuis quelques jours et suivie également par les Emirats arabes unis.

Le rééquilibrage du marché "va s'accélérer davantage visiblement avec un accord Opep/non-Opep que nous espérons conclure mais ce n'est pas un impératif", a souligné M. al-Falih.

Le ministre émirati de l'Energie Suhail al-Mazroui a également dit s'attendre "à une réunion vraiment positive", tablant sur "de bonnes nouvelles". Son homologue irakien Jabbar al-Louaïbi a assuré qu'il y avait "de l'espoir, beaucoup d'espoir" et le ministre iranien Bijan Namdar Zanganeh, s'est dit "optimiste".

Portés par l'espoir d'un accord, les cours du baril de Brent pour livraison en janvier étaient en forte hausse vers 12h40 GMT, gagnant 3,83 dollars par rapport à la clôture de mardi, à 50,21 dollars tandis que le WTI pour la même échéance prenait 3,59 dollars, à 48,82 dollars, en hausse de respectivement 8,26% et 7,94%.

Annoncé fin septembre par le cartel à Alger, la concrétisation de cet accord est très attendue sur les marchés. En limitant la production de ses membres et de ses partenaires, il permettrait de mettre fin à la surabondance de l'offre qui a fait chuter les prix et porté un coup aux finances des pays producteurs.

Mais Ryad exige que l'effort de réduction soit réparti "de façon équitable" entre les membres alors que certains pays du cartel estiment qu'ils devraient être exemptés d'un gel de leur production. Ainsi l'Iran, qui n'a repris ses exportations que depuis le début de l'année et la levée des sanctions internationales, demande à produire à des niveaux plus élevés.

L'Iran 'beaucoup plus flexible'

"L'Iran a retrouvé son niveau (de production) pré-sanctions et nous pensons qu'un gel à son niveau actuel, celui d'avant les sanctions, est vraiment généreux de la part des autres membres de l'Opep qui doivent eux réduire (leur production)", a fait valoir le ministre saoudien mercredi.

"L'Arabie Saoudite semble prête à voir sa production prendre un coup, mais elle exige de voir les autres pays faire des efforts", estimait Jasper Lawler, analyste de CMC Markets.

De son côté, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh a indiqué avant la réunion que l'accord en discussion ne se résumait pas à "un problème de gel" de sa production, qu'un "autre cadre était en discussion" et qu'il était "optimiste" quant à l'issue de la réunion.

"Il y aura une réduction de production acceptée par tout le monde avec des quotas et selon les pays", a affirmé quant à lui le ministre algérien de l'Energie Noureddine Boutarfa.

Le ministre saoudien de l'Energie a expliqué que l'objectif de réduction de la production du cartel à 32,5 millions de barils par jour (mbj) était celui qui faisait le plus consensus et prenait en compte les éventuelles fluctuations de volumes de production du Nigeria et de la Libye.

Les ministres de l'Opep s'étaient fixé pour objectif, en Algérie, de ramener leur production entre 32,5 et 33 mbj, contre une production ayant atteint 33,64 millions de barils en octobre.

M. al-Falih a précisé qu'il était demandé aux pays hors Opep, soit essentiellement la Russie, pays dont la production a beaucoup augmenté ces dernières années pour atteindre plus de 11 mbj, un effort de réduction de 600.000 barils par jour.

"De façon générale je suis plus optimiste aujourd'hui, beaucoup plus optimiste", a déclaré à l'AFP Abhishek Deshpande, analyste chez Natixis.

M. Deshpande, qui s'est entretenu avec la délégation iranienne mercredi matin, a indiqué que M. Zanganeh apparaissait désormais "beaucoup plus flexible, beaucoup plus souple". "Une fois que l'Iran se sera accordé sur un chiffre avec l'Arabie saoudite, ce sera bon, l'Irak suivra", a-t-il affirmé.

Avec AFP

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