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L'ONU dénonce le gel d'avoirs de militants des droits de l'homme en Egypte


Un avocat égyptien et ancien candidat à la présidentielle, Khaled Ali, indique avec son doigt les photos des militants emprisonnés arrêtés au cours des manifestations, y compris des défenseurs des droits, au Caire, Egypte, 22 juin 2016.

Un avocat égyptien et ancien candidat à la présidentielle, Khaled Ali, indique avec son doigt les photos des militants emprisonnés arrêtés au cours des manifestations, y compris des défenseurs des droits, au Caire, Egypte, 22 juin 2016.

L'ONU s'est déclarée mardi "très préoccupée" par le gel des avoirs par la Cour pénale du Caire de cinq célèbres militants des droits de l'homme et de trois ONG, dans un communiqué du Haut-Commissariat des droits de l'homme des Nations unies.

Il s'agit du journaliste Hossam Bahgat, de l'avocat Gamal Eid, de Bahey el-Din Hassan, de Mostafa al-Hassan et d'Abdel Hafez Taye.

Un gel des avoirs a aussi été décrété pour trois ONG "respectées", soit l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme, le centre de droit Hisham Moubarak et le Centre égyptien pour le droit à l'éducation.

Le sort réservé à deux autres ONG, à savoir l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne et le Réseau arabe pour l'information sur les droits humains, n'est pas clair, ajoute le communiqué. Le procureur ne s'est pas encore prononcé sur le sort de ces organisations, qui appartiennent en partie à Hossam Bahgat et Gamal Eid.

Cette mesure intervient dans le cadre d'une vaste enquête sur les financements étrangers de la société civile, ouverte en 2011 après la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir. A l'époque, l'affaire avait provoqué une crise diplomatique entre Washington et le Caire.

L'ONU s'est déclarée particulièrement préoccupée par le fait que cette décision de la Cour "ouvre la voie à d'autres poursuites criminelles contre les accusés, qui s'ils sont reconnus coupables pourraient être condamnés à la prison à vie, ce qui équivaut en droit égyptien à 25 ans de détention".

Selon l'ONU, environ 12 militants des droits de l'homme, dont Hossam Bahgat et Gamal Eid, n'ont pas le droit de quitter le territoire égyptien depuis février dernier.

L'ONU salue cependant le fait que la Cour pénale n'a pas jugé bon de geler les avoirs des membres de la famille des militants, comme le recommandait un groupe de 3 juges choisis par la Cour d'appel, à la demande du ministère de la justice.

Avec AFP

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