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L'ONU appelle à faire plus pour la liberté d'expression en Somalie après l'assassinat de 30 journalistes


Le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse à travers le monde.

Le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse à travers le monde.

Les Nations unies ont appelé les autorités somaliennes à mieux protéger la liberté d'expression et de la presse dans un pays où trente journalistes ont été tués en quatre ans, tout en relevant des progrès ces cinq dernières années, dans un rapport publié dimanche.

Au titre des avancées, le rapport établi par la Mission de l'ONU en Somalie (UNSOM) et le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a relevé l'adoption en janvier 2016 d'une nouvelle loi fédérale sur les médias. Cette loi "garantit un certain nombre de libertés, dont le droit à l'information".

Mais, regrette le rapport, sa formulation assez floue "permet des interprétations subjectives et des restrictions injustifiées à la liberté d'expression".

"En dépit d'une culture médiatique très dynamique en Somalie, qui abrite plus de 90 médias et un grand nombre de blogs et de sites internet, de nombreuses violations contre des journalistes et des hommes politiques sont documentées dans le rapport, y compris des meurtres, des attaques, des arrestations et détentions arbitraires...", écrivent les auteurs du rapport.

Ainsi, "entre août 2012 et juin 2016, 30 journalistes et 18 parlementaires ont été tués en Somalie".

Si les insurgés islamistes shebab, qui ont juré la perte du gouvernement somalien, constituent la principale menace pour les journalistes et les députés somaliens, les forces de sécurité gouvernementales se rendent coupables de nombreuses violations contre les journalistes et le personnel politique.

"Des activistes politiques et des journalistes sont détenus dans le centre de détention de la Nisa (l'Agence nationale de renseignements), avec des shebab présumés, sans aucun contrôle judiciaire", accuse le rapport.

"Depuis 2016, une autre évolution inquiétante est apparue: la Nisa a commencé à utiliser les médias pour montrer les confessions de suspects shebab", poursuivent les auteurs.

La Somalie se dirige vers des élections au suffrage indirect fin septembre et en octobre, un processus électoral qui verra 14.000 délégués choisis sur une base clanique voter pour leurs députés et les représentants d'une nouvelle chambre haute. Ces élus désigneront à leur tour le nouveau président fin octobre. Des élections au suffrage universel direct sont prévues en 2020.

2016 représente "un moment crucial pour la transition politique en Somalie", relève le rapport.

"Les attaques contre les journalistes ou les médias ont un effet très corrosif sur la démocratie, avec des répercussions profondément négatives sur la liberté d'expression et les droits de l'homme en général", a estimé le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, le Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein.

Ce dernier appelle les autorités somaliennes à enquêter sur les violations de la liberté d'expression "quelle qu'en soit l'identité des auteurs".

Avec AFP

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