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Omar el-Béchir décoré par la Serbie pour ne pas avoir reconnu le Kosovo


Le président Omar Béchir (archives)

Le président Omar Béchir (archives)

La présidence serbe a défendu jeudi sa décision de décorer Omar el-Béchir, réclamé par la justice internationale notamment pour génocide au Darfour, en expliquant que le chef de l'Etat soudanais n'avait pas reconnu l'indépendance du Kosovo.

La présidence serbe a confirmé que M. Tomislav Nikolic "a décoré (en février à l'occasion de la fête nationale serbe, ndlr) les présidents de tous les pays africains n'ayant pas reconnu le Kosovo".

Interrogé par le quotidien Danas, un conseiller du président serbe a répondu que Belgrade décernait systématiquement des décorations aux chefs d'Etats n'ayant pas reconnu cette ex-province serbe à majorité albanaise qui a proclamé unilatéralement son indépendance en 2008.

Soutenu par son allié traditionnel la Russie, Belgrade s'oppose farouchement à l'indépendance du Kosovo, reconnue à ce jour par les Etats-Unis, la majorité des pays de l'Union européenne et une centaine de pays.

"Après l'Asie, le tour de l'Afrique est venu. Nous avons donc décoré le président du Soudan, mais aussi ceux d'une trentaine de pays africains", selon les propos d'Ivan Mrkic, rapportés dans l'édition de jeudi de Danas.

Interrogé sur le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) délivré contre Omar el-Béchir, le conseiller de Tomislav Nikolic a répondu que la décision de l'honorer n'avait "pu être évitée".

"La logique est de fer, nous ne pouvons pas contourner le Soudan parce que certains ne peuvent pas supporter el-Béchir", a déclaré M. Mrkic.

Omar el-Béchir est depuis mars 2009 sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour (ouest), et depuis juillet 2010, pour génocide dans cette région de l'ouest du Soudan. La guerre et les violences y ont fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU.

Avec AFP

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