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Afghanistan : les observateurs préoccupés par les allégations de fraudes aux législatives


Les rapports des bureaux de vote signalent que les mesures anti-fraude n’étaient pas efficaces ou étaient tout simplement ignorées. Par exemple, l’encre indélébile ne l’était pas du tout. D’autres rapports signalent que les agents électoraux ont permis à des gens munis de cartes électorales manifestement fausses de voter.

Des voix s’élèvent en Afghanistan pour appeler à l’ouverture d’une enquête indépendante sur le déroulement des législatives de samedi. Les quelques 7 000 observateurs déployés sur le terrain ont constaté diverses formes de fraudes, a souligné la Fondation pour des élections libres et transparentes dans un rapport publié lundi.

« Nous avons vu le bourrage des urnes, le vote par procuration, le vote des mineurs et les votes multiples. La fraude la plus sérieuse est le bourrage des urnes, que les observateurs ont constaté dans environ 280 bureaux, dans 28 provinces », a expliqué Nader Nadery, porte-parole de la fondation.

Les rapports des bureaux de vote signalent que les mesures anti-fraude n’étaient pas efficaces ou étaient tout simplement ignorées. Par exemple, l’encre indélébile ne l’était pas du tout. D’autres rapports signalent que les agents électoraux ont permis à des gens munis de cartes électorales manifestement fausses de voter.

Vu tous ces problèmes, la Fondation pour des élections libres et transparentes appelle à une enquête indépendante. Le gouvernement afghan n’en disconvient pas. « Comme dans toutes les élections partout dans le monde, il y a des complaintes, a expliqué le porte-parole présidentiel afghan, Waheed Omar, ajoutant que le gouvernement attend des différentes organisations qu’elles mènent des enquêtes et informent les Afghans de l’existence d’irrégularités ou de fraudes. »

La fraude et la corruption ont toujours fait partie des problèmes auxquels est confronté l’Afghanistan, avait expliqué l’émissaire spécial américain pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, avant les législatives. « Les problèmes en Afghanistan sont plus amplifiés qu’ailleurs du fait de l’histoire des 30 dernières années. Et à cause de l’immense montant des contrats internationaux, particulièrement les contrats militaires américains qui offrent des opportunités lucratives à ce genre d’activité », avait expliqué M. Holbrooke, ajoutant que le trafic de drogue contribue aussi au problème.

La commission électorale afghane n’a pas encore publié le taux de participation, mais les menaces de violence et d’autres problèmes semblent avoir, cette fois-ci, découragé un plus grand nombre d’électeurs. Près de 6 millions de suffrages avaient été enregistrés aux élections de l’année dernière, mais le bourrage des urnes a fait qu’il était impossible de déterminer combien d’Afghans avaient effectivement voté.

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