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Obama lance un appel à l'unité de l'Europe en crise


La chancelière allemande Angela Merkel est assise avec le président américain Barack Obama, le président français François Hollande (droite) et le Premier ministre italien Matteo Renzi avant leur réunion à Schloss Herrenhausen à Hanovre, en Allemagne, le 25 avril 2016.

La chancelière allemande Angela Merkel est assise avec le président américain Barack Obama, le président français François Hollande (droite) et le Premier ministre italien Matteo Renzi avant leur réunion à Schloss Herrenhausen à Hanovre, en Allemagne, le 25 avril 2016.

Barack Obama a exhorté l'Europe à rester "forte et unie" alors que le projet européen traverse une crise de confiance sans précédent et est fragilisée par la menace de sortie du Royaume-Uni ou la montée des populismes.

"Les Etats-Unis et le monde entier ont besoin d'une Europe forte, prospère, démocratique et unie", a déclaré le président américain dans un discours à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, en appelant le continent à ne pas retomber dans la tentation du repli nationaliste à l'origine de conflits sanglants au XXe siècle.

"Au siècle dernier, à deux reprises dans une période de trente ans, les forces des empires, celles de l'intolérance et du nationalisme extrême ont consumé et largement réduit en ruines ce continent", a-t-il mis en garde.

Après être allé en fin de semaine dernière en Grande-Bretagne pour mettre en garde le pays contre une sortie de l'Union européenne, Barack Obama a choisi l'Allemagne pour appuyer son message sur l'importance de l'unité de l'Europe, au moment où la construction européenne est remise en cause comme jamais depuis qu'elle a été initiée dans le sillage de la Deuxième guerre mondiale.

"Peut-être avez-vous besoin que quelqu'un de l'extérieur comme moi vous rappelle les progrès que vous avez accomplis", a-t-il lancé, en s'inquiétant des critiques dont l'UE est l'objet.

Plaidoyer pour l'intégration

Si l'Europe "commence à douter d'elle-même, à remettre en question les progrès réalisés (...), cela renforcera ceux qui disent +cela ne peut pas marcher+ et soutiendra le communautarisme", a insisté le président américain.

Il a à cet égard invité les pays européens à ne pas stigmatiser l'islam, en estimant que l'intégration devait concerner toutes les populations.

La fragilisation de l'Europe face aux multiples défis auxquels elle est confrontée constitue une source d'inquiétude croissante pour l'administration américaine: outre l'éventualité du "Brexit", la crise migratoire qui nourrit les populismes, la menace de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), la situation toujours instable en Ukraine ou encore la morosité économique persistante sur le continent.

La montée du populisme et de l'euroscepticisme a encore été illustrée dimanche en Autriche lors du premier tour de la présidentielle, qui a vu le candidat d'extrême droite arriver en tête et les partis traditionnels éliminés.

M. Obama, qui effectuait l'un de ses dernières visites en Europe, a réuni dans l'après-midi en mini-sommet la chancelière allemande Angela Merkel, les chefs de gouvernement britannique et italien, David Cameron et Matteo Renzi, ainsi que le président français François Hollande.

La détérioration de la situation en Syrie a été le principal sujet de discussion.

Les dirigeants se sont dits "préoccupés des violations "dramatiques" du cessez-le-feu décidé il y a huit semaines entre le régime et les rebelles modérés et ont souligné que "la solution passe par la poursuite" des négociations de paix intersyriennes à Genève.

Barack Obama a annoncé dans ce contexte à Hanovre l'envoi en Syrie de 250 instructeurs militaires américains, notamment des forces spéciales, pour aider des forces rebelles à lutter contre l'Etat islamique.

"Autosatisfaction" de l'Europe

Il a aussi profité de ce déplacement pour exhorter l'Europe à ne pas seulement compter sur les Etats-Unis pour assurer sa défense dans le cadre de l'Otan et à augmenter ses dépenses militaires.

"L'Europe a été parfois dans l'autosatisfaction concernant sa propre défense", a lancé M. Obama à Hanovre, réclamant que tous les membres de l'Otan "assument leurs responsabilités" alors que "ce n'est pas toujours le cas".

Ce thème sera le cheval de bataille de M. Obama lors du prochain sommet de l'Otan début juillet à Varsovie.

La visite de M. Obama en Allemagne a été l'occasion aussi d'asseoir Angela Merkel, qu'il a couvert de louanges, dans son statut de leader de l'Europe, et de plaider avec elle pour débloquer les négociations en cours sur le projet d'accord de libre échange (TTIP ou Tafta).

Des négociations à ce sujet doivent reprendre lundi à New York. Elles piétinent depuis des mois en raison de divergences entre Européens et Américains, qui s'accusent mutuellement de vouloir excessivement protéger leurs marchés, et du scepticisme grandissant des opinions publiques des deux côtés de l'Atlantique.

Avec AFP

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