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Obama ira à Dallas, où la thèse du tireur isolé est désormais privilégiée


Le président américain Barack Obama en train de suivre les condoléances que lui présente son homologue polonais Andrzej Duda en marge du sommet de l'OTAN à Varsovie, 8 juillet 2016.

Le président américain Barack Obama en train de suivre les condoléances que lui présente son homologue polonais Andrzej Duda en marge du sommet de l'OTAN à Varsovie, 8 juillet 2016.

Lors de son déplacement à Dallas, où cinq policiers ont été tués et sept autres blessés, le président américain pourrait revenir sur la question de la circulation des armes aux Etats-Unis, qu'il a régulièrement soulevée mais sans pouvoir agir, faute de majorité parlementaire.

Le président américain Barack Obama se rendra en début de semaine prochaine à Dallas, où il apparaît désormais que la tuerie de jeudi est le fait d'un seul homme, un ancien militaire noir en quête de vengeance.

M. Obama va écourter d'une journée son voyage en Europe pour se rendre au Texas, après s'être déplacé, mi-juin, à Orlando, théâtre d'une autre fusillade, qui a fait, elle, 49 morts, tous civils.

Le président américain entend aussi discuter "de mesures politiques qui répondent aux disparités raciales persistantes dans notre système pénal", selon la Maison Blanche.

Vendredi, l'enquête a permis de déterminer l'identité du tueur, Micah Johnson (25 ans), son profil et ses motivations affichées devant les policiers qui l'avaient encerclé.

Originaire de Mesquite, une ville située dans la banlieue est de Dallas, il a passé six ans dans l'armée, de 2009 à 2015, en tant que maçon et charpentier.

Il a été envoyé en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014, selon le Pentagone.

Selon le "Dallas Morning News", Micah Johnson aurait été remercié, en 2015, par l'armée sur la base d'accusations de harcèlement sexuel.

Le site du quotidien cite son avocat, Bradford Glendening, qui aurait été son conseil dans cette procédure.

Selon lui, la victime présumée, à l'origine des accusations de harcèlement, aurait demandé que soient prononcées des mesures de protection interdisant à Micah Johnson d'entrer en contact avec elle.

Elle aurait également demandé que la justice prononce une injonction de soins, estimant que le jeune homme devait être pris en charge psychologiquement.

Le site ne précise pas si ces demandes ont été satisfaites ou non.

Avant d'être tué par une unité d'élite au terme d'une longue confrontation avec la police, Micah Johnson a expliqué qu'il voulait "tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs".

Sur un compte Facebook attribué à Micah Johnson et désactivé depuis, ce dernier semble soutenir des organisations de défense des Noirs prônant la haine, selon le Southern Poverty Law Center, qui suit ces mouvements aux Etats-Unis.

Sur des photos de ce compte, on le voit le poing serré en l'air, un geste symbole des luttes d'émancipation des Noirs en Amérique.

Il semble avoir agi seul, selon le ministre américain de la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, qui a, comme la Maison Blanche, exclu tout lien avec une "organisation terroriste" à ce stade de l'enquête.

Les trois personnes qui avaient été interpellées dans un premier temps ont été relâchées, a indiqué vendredi le maire de Dallas, Mike Rawlings, lors d'une conférence de presse.

A son domicile, la police a trouvé un arsenal de guerre: du matériel servant à fabriquer des bombes ainsi que des fusils, des munitions et un carnet de tactiques de combat.

Dans l'après-midi de vendredi, une équipe de démineurs était encore à pied d'oeuvre en dans le centre de la ville dans le gigantesque périmètre sanctuarisé par les autorités et où a eu lieu l'attaque.

la justice, pas le meurtre

Durant son long échange avec les forces de police, Micah Johnson avait assuré avoir posé des engins explosifs artisanaux, mais aucun n'aurait été retrouvé pour l'instant.

Le drame a eu lieu au moment où plusieurs manifestations étaient organisées dans le pays après la mort de deux Noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane (sud), l'autre dans le Minnesota (nord), des scènes filmées qui ont choqué l'opinion.

En pointe de ces protestations, le mouvement Black Lives Matter ("Les vies des Noirs comptent") s'est défendu d'avoir jeté de l'huile sur le feu.

"Black Lives Matter combat pour la dignité, la justice et la liberté. Pas le meurtre", a fait savoir l'organisation.

Jusqu'ici, le mouvement est parvenu à maintenir une expression non-violente, qui contraste fortement avec le geste de Micah Johnson, qui ne s'est d'ailleurs pas revendiqué de "Black Lives Matter".

Vendredi, de nouvelles manifestations ont eu lieu dans le calme et dans plusieurs villes américaines, dont Atlanta (Géorgie), Houston (Texas), San Francisco (Californie) et devant la Maison Blanche à Washington. A Phoenix (Arizona), la police, cible de jets de pierre, a lancé du gaz poivré et arrêté au moins une personne parmi une foule de manifestants.

D'autres rassemblements sont prévus samedi, toujours à l'appel de "Black Lives Matter", de Spokane (Washington) à Brooklyn (nord-est) en passant par la Nouvelle-Orléans.

Avec AFP

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