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En Argentine, Obama veut écrire un nouveau chapitre de réconciliation


Barack Obama avec Mauricio Macri a Buenos Aires, Argentine, le 23 Mars, 2016 (David Fernandez/Pool Photo via AP)

Barack Obama avec Mauricio Macri a Buenos Aires, Argentine, le 23 Mars, 2016 (David Fernandez/Pool Photo via AP)

Le président américain Barack Obama rencontre à Buenos Aires le nouveau président de centre-droit Mauricio Macri pour tisser une nouvelle relation entre les Etats-Unis et l'Argentine, après des années de discorde.

Barack Obama était attendu à la Casa Rosada, le palais présidentiel argentin sur la Plaza de Mayo, pour un entretien avec son homologue argentin et la signature d'accords bilatéraux. Une conférence de presse commune est prévue.

C'est la première fois qu'un président des Etats-Unis se rend en visite officielle en Argentine depuis celle d'un autre démocrate, Bill Clinton, en 1997.

En 2005, George Bush avait participé à un Sommet des Amériques dans la station balnéaire de Mar del Plata, qui avait enterré un projet de zone de libre-échange continentale.

Washington voit d'un bon oeil l'arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, ancien président du club de football de Boca Juniors et ex-maire de Buenos Aires, qui a engagé des réformes économiques applaudies par les marchés.

Dans un entretien à la chaîne de télévision CNN la semaine dernière, M. Obama a cité l'Argentine comme "un bon exemple de changement" et décrit Mauricio Macri comme "un président qui regarde vers l'avenir", critiquant en revanche "les politiques anti nord-américaines" de ses prédécesseurs.

Les présidents de gauche Nestor et Cristina Kirchner, aux affaires de 2003 à 2015, avaient rompu avec l'étroite relation Washington-Buenos Aires. D'après le quotidien économique argentin El Cronista, le commerce bilatéral a chuté en 12 ans à son plus bas niveau depuis huit décennies.

La date de la visite de M. Obama a soulevé une polémique à Buenos Aires alors que l'Argentine commémore le début il y a 40 ans d'une sanglante dictature, mais l'acceptation d'une revendication ancienne - la levée du secret-défense sur des archives de l'armée et de la CIA - semble avoir désamorcé les tensions.

- Hommage, première -

Le président américain doit se rendre jeudi au Parc de la Mémoire. C'est la première fois qu'un président des Etats-Unis rendra hommage aux victimes de la dictature, qui a fait des milliers de morts et disparus de 1976 à 1983.

Un geste réclamé par le président argentin Mauricio Macri et par les Mères et Grands-Mères de la Place de Mai, symboles de la lutte contre la dictature.

A l'époque de la Guerre froide entre les Etats-Unis et l'Union soviétique, Washington avait appuyé les dictatures militaires d'Amérique latine, notamment la junte argentine, au nom de la lutte contre le communisme.

Dans une lettre d'un prix Nobel de la paix à un autre, l'Argentin Adolfo Perez Esquivel a demandé à Barack Obama de reconnaître la complicité des Etats-Unis avec la junte militaire, qui a fait régner la terreur en faisant disparaître des milliers d'opposants. Dans ce cas, a-t-il ajouté, "tu seras le bienvenu".

"En 1976, alors que tu avais 14 ans, nous commencions la période la plus tragique de notre histoire", a écrit M. Perez Esquivel, "avec le financement, l'endoctrinement et la coordination des Etats-Unis".

Comme à Cuba où Barack Obama s'est rendu en début de semaine, l'heure est pour l'Argentine à la réconciliation avec la première puissance mondiale. Mauricio Macri veut renforcer la relation bilatérale avec les Etats-Unis et attirer des investissements américains en Argentine.

Ces derniers mois, le gouvernement a levé le contrôle des changes, les restrictions aux importations et permet désormais aux entreprises étrangères de rapatrier leurs bénéfices. Le vieux conflit sur la dette datant de la crise économique de 2001 est même en voie de règlement.

Les agences de notation ont aussitôt relevé la note de l'Argentine. Le défi est désormais de faire baisser l'inflation annuelle de 30% et de relancer une économie au bord de la récession.

A la faveur de l'élection de M. Macri, Washington compte pour sa part étendre son influence en Argentine, troisième économie d'Amérique latine, dans une région où les gouvernements hostiles aux Etats-Unis sont en perte de vitesse.

Avec AFP

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