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Nzapayeke à la VOA : "Il faut un plan Marshall pour la Centrafrique"


André Nzapayeke

André Nzapayeke

Après la formation de son gouvernement, le nouveau Premier ministre centrafricain explique qu'il faudra du temps pour résoudre la crise et apaiser les rancœurs dans son pays.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a donné son vert à l'envoi d'une force européenne en Centrafrique. Est-ce un bon signal ?

André Nzapayeke : "Toute volonté d'aider la Centrafrique aujourd'hui est la bienvenue. Nous les accueillerons pour nous aider à ramener la paix et la sécurité."

L'opposition politique critique déjà la composition de votre nouveau gouvernement. Que lui répondez-vous ?

André Nzapayeke : "Le terme d'opposition en Centrafrique est devenu flou. Je voudrais rassurer les uns et les autres. La situation est complexe. On me parle de clanisme mais ce gouvernement est le résultat des discussions avec toutes les entités et du rapport de force sur le terrain. C'est le terrain qui commande et j'assume toutes mes décisions."

Pourquoi avoir nommé des ex-Seleka et des anti-balaka alors que les violences perdurent ?

André Nzapayeke : "J’ai dit à chacun des ministres qu’il n’y aura pas au gouvernement de représentants de X ou Y. Nous sommes tous des ministres de la République."

La France et l’Afrique interviennent militairement en Centrafrique. Michel Djotodia a quitté le pouvoir. Pourquoi les violences continuent-elles en RCA ?

André Nzapayeke : "Les choses n’arrivent pas comme une pluie et ne s’arrêtent pas précipitamment. Ce pays est en crise et en conflit depuis une vingtaine d’années. Il s’est passé des choses horribles. Il y a de la rancœur, de l’aigreur et ce serait irréaliste de s’imaginer que tout va s’arrêter brusquement. Il y aura encore des dérapages qui vont se résorber petit à petit. Cela fait des années que nous n'avons plus rien dans ce pays, plus d'entreprises, plus d'écoles. La violence est devenue un fonds de commerce. Aujourd’hui, nous devons rebâtir l’Etat."

A combien estimez-vous les besoins de financement du pays ?

André Nzapayeke : "Il nous faut un vaste plan Marshall pour le République centrafricaine. L'agriculture n'existe plus par exemple."

Diriez-vous comme la communauté internationale, que la RCA est en situation de pré-génocide ?

André Nzapayeke : "Il y a un risque mais je ne soutiens pas cette idée. Je crains les prophéties qui se réalisent d'elles-mêmes. Les gens écoutent les radios, les commentaires et se disent nous aussi on va faire cela. C'est un jeu très dangereux."

Pourquoi avez-vous accepté d’être nommé Premier ministre ?

André Nzapayeke : "Chez nous, on dit que le poulet rentre toujours dans son poulailler. La RCA m'a tout donné. Nous sommes dans une situation où on ne peut pas penser qu'a soi-même."

Propos recueillis par Nicolas Pinault
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