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Ntumba Luaba à la VOA : "Je peux garantir que le M23 a cessé ses opérations militaires en RDC"


Alphone Daniel Ntumba Luaba, secrétaire éxécutif de la CIRGL

Alphone Daniel Ntumba Luaba, secrétaire éxécutif de la CIRGL

De passage à Washington, le secrétaire éxécutif de la CIRGL est l'invité de la Voix de l'Amérique. Il reconnaît que des éléments isolés peuvent continuer à agir sur le terrain.

Plus d'un après la signature de l'accord d'Addis-Abeba entre les pays de la région, la région des Grands Lacs est-elle en voie de pacification ?

Professeur Ntumba Luaba : "Je pense que pour une fois les opportunités sont grandes pour la stabilisation de la région. Il y a d’abord la montée en puissance des forces armées de la RDC. Ils ont défait le M23 et sont en train de détruire les positions des ADF-Nalu avant de s’attaquer aux FDLR. Il y a aussi l’engagement des envoyés spéciaux comme Mary Robinson, Russ Feingold ou Boubacar Diarra."

Est-ce qu’aujourd’hui les trois parties respectent la déclaration de Nairobi ?

Professeur Ntumba Luaba : "Il y a une forte volonté de la respecter mais la mise en œuvre a mis du temps. La loi sur l’amnistie vient à peine d’être promulguée à Kinshasa par le président Kabila. C’est ce texte qui constitue le point de départ. Actuellement, le mécanisme conjoint de vérification élargi de la CIRGL a pu se rendre en Ouganda où se trouvent environ 1350 ex-éléments du M23. La même mission a été effectuée au Rwanda où l’on recense un peu plus de 600 ex-M23. Ils devront signer une déclaration individuelle dans laquelle ils renoncent à la rébellion. Pour ceux qui ne font pas l'objet de poursuite, je crois qu'ils s'apprêtent à lancer un mouvement politique."

Le M23 a-t-il cessé toutes ses opérations militaires en RDC ?

Professeur Ntumba Luaba : "Actuellement, je peux garantir que le M23, en tant que mouvement, a cessé définitivement ses activités militaires en RDC. On ne peut pas exclure la possibilité de soldats perdus, qui sont restés sur le terrain, et qui, à titre individuel, se sont probablement engagés aux côtés d'autres mouvements."

De droite à gauche : Joseph Kabila, Yoweri Museveni et Paul Kagamé, à Kampala le 21 novembre 2012

De droite à gauche : Joseph Kabila, Yoweri Museveni et Paul Kagamé, à Kampala le 21 novembre 2012

Que savez-vous de la situation de Sultani Makenga qui serait en Ouganada ?

Professeur Ntumba Luaba : "Ce n'est qu'il serait, il est en Ouganda comme me l'ont confirmé il y a trois semaines Bertrand Bisimwa et René Abandi."

Cela ne pose-t-il pas de problème aux autorités congolaises ?

Professeur Ntumba Luaba : "Non, il va s'agir de promouvoir et de renforcer la coopération judiciaire entre les pays de la région. Ceux qui font l'objet d'un mandat devront coopérer entre eux. Je rappelle que la déclaration de Nairobi prévoit aussi l'échange de prisonniers. Pour le moment, ni le M23 ni l'armée congolaise n'ont réclamé quelque chose. Le M23 ne nous a présentés qu’une liste d’une soixantaine de noms, détenus politiques de droit commun. Nous allons travailler avec la RDC et le CICR pour vérifier cette liste."

Les Congolais ont vu défiler depuis des années les accords de paix, sans succès probant. Pourquoi celui-ci serait-il différent ?

Professeur Ntumba Luaba : "Moi-même, j’ai participé à beaucoup d’initiatives de paix. En 2002, en tant que ministre des droits humains, j’ai été pris en otage par Thomas Lubanga. Douze ans après, nous sommes encore engagés dans le processus mais, pour une fois, il y a un nouvel esprit régional et d’autres opportunités. Il y a de l’espoir et l’horizon s’éclaircit. Les forces négatives appartiennent au passé."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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