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Nouvelles manifestations anti-Déby à N'Djamena


Manifestants devant le tribunal de grande d'instance de N'Djamena lors de la comparution de 5 leaders de la société civile arrêtés.

Manifestants devant le tribunal de grande d'instance de N'Djamena lors de la comparution de 5 leaders de la société civile arrêtés.

Les cinq leaders de la société civile tchadiens ont comparu ce matin devant le tribunal de grande instance de N'Djamena. Plusieurs centaines de leurs partisans s'étaient rassemblés pour les soutenir.

Le procès s’est achevé vers 11h dans la capitale tchadienne (10hTU).

Le procureur a requis 6 mois de prison ferme pour ces cinq activistes accusés de trouble à l’ordre publique pour avoir tenté d’organiser des manifestations contre la candidature du président Idriss Deby Itno.

Plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés devant le tribunal et ont tenté d’empêcher le retour des détenus en prison. Les forces d’ordre qui assuraient la protection du tribunal ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser.

Le verdict est annoncé pour le 14 avril.

La police a violemment dispersé les manifestants.

L’audience a duré deux heures mais la presse en a été interdite l’accès.

Pour Frédéric Nanadjingue, un des avocats de cinq leaders de la société civile, le réquisitoire du parquet (six mois de prison ferme contre cinq leaders de la société civile) est "une décision purement politique". Elle "vient de l'exécutif", a-t-il affirmé.

Les leaders de la société civile opposés à la candidature d’Idriss Deby pour un cinquième mandat, sont accusés "de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d'atteinte à l'ordre public et opposition à l'exercice d'une autorité légitime".

Ils ont, plusieurs fois, appelé à manifester contre la candidature de M. Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à un cinquième mandat.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer, Céline Narmadji et Albissaty Alazam, déjà écroués, appartiennent à plusieurs mouvements de la société civile dont l'Union des syndicats du Tchad (UST), "Ça suffit", "Trop c'est trop" et Iyina ("On est fatigués").

L’élection présidentielle doit se tenir dimanche.

Environ 200 sympathisants, qui avaient réussi à se réunir, très tôt, devant le Palais de justice, certains bâillonnés pour dénoncer le manque de liberté d'expression, portaient des pancartes: "Libérez nos héros, défenseurs de la justice sociale", "Déby dégage".

Des policiers venus à bord d’un fourgon ont violemment dispersé les militants pacifiques en tirant au-dessus d'eux à balles réelles et en lançant des grenades lacrymogènes, provoquant une très grande panique. Un jeune a été légèrement blessé au cou.

"Vous voyez le règne de l'impunité, du népotisme et du clanisme", lançait Franklin, un manifestant, tandis qu'un autre accusait "la France et Hollande de soutenir Déby".

La France, ancienne puissance coloniale, avait sauvé le pouvoir d'Idriss Déby en février 2008 lorsqu'une rébellion avait gagné la capitale.

Et, face à la menace islamiste dans les pays sahéliens, Paris a fait de la capitale tchadienne le quartier-général de sa force Barkhane.

Le pouvoir au Tchad, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d'un mouvement de lycéens dénonçant le viol d'une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires, à laquelle il n'a répondu que par des interdictions de manifester.

La présidentielle, qui se tient dimanche avec 14 candidats en lice, devrait voir la réélection sans surprise du chef de l'Etat Idriss Déby Itno.

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