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Nouvelles exécutions au Pakistan malgré les critiques d'Amnesty International


Peine capitale au Pakistan. PHOTO credit to: SXC.HU

Peine capitale au Pakistan. PHOTO credit to: SXC.HU

Le Pakistan a fait pendre trois condamnés à mort pour meurtre, faisant fi d'un rapport de l'ONG critiquant vivement sa décision de lever le moratoire sur la peine capitale.

Deux frères, condamnés à mort en 1997 pour avoir tué un homme l'année précédente à Islamabad à la suite d'un différend, ont été pendus dans la prison centrale de Kot Lakhpat, a indiqué Arshad Saeed Arain, un conseiller de l'élu en charge des prisons dans la province du Pendjab.

Un troisième homme, condamné pour un meurtre en 1994 à Sargodha, a été pendu en même temps dans la même prison.

Selon un rapport rendu public par Amnesty mercredi, le Pakistan a exécuté 326 personnes en 2015, ce qui en fait le deuxième pays en nombre d'exécutions derrière l'Iran -- le troisième si on tient compte de la Chine, qui ne publie aucune donnée fiable.

Le Pakistan, qui avait décrété un moratoire sur la peine de morts en 2008, l'a rétablie en décembre 2014, en réaction à l'attaque d'une école à Peshawar par un commando de talibans qui avait fait plus de 150 morts.

Initialement, seuls les condamnés pour terrorisme étaient concernés - avant que la pendaison ne soit également appliquée à d'autres types de crimes.

"Le recours à la peine de mort rend notre société plus violente et brutale mais ne sert absolument à rien quand il s'agit de dissuader les terroristes", a réagi Sarah Belal, dirigeante de l'ONG Justice Project Pakistan, qui milite contre la peine de mort. Selon elle, moins de 6% des suppliciés avaient été condamnés pour des faits de terrorisme.

"Les failles de notre système pénal signifient que les personnes pauvres ou vulnérables sont souvent accusées à tort, alors que les véritables terroristes ou criminels courent toujours", a-t-elle déploré.

Un constat partagé par Champa Patel, directrice d'Amnesty International pour l'Asie du Sud, selon qui "il y a des preuves qu'au moins deux (des personnes exécutées) étaient mineures au moment où ont été commis les crimes qui leur sont reprochés".

"La peine de mort est toujours une violation des droits, mais son usage au Pakistan est encore plus choquant au vu des inquiétudes concernant l'équité de la justice -- notamment le manque d'accès à des avocats, et la torture policière endémique", a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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