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Une nouvelle manifestation anti-Mugabe réprimée par la police au Zimbabwe


Un manifestant réagit face à la police, à Harare, le 3 août 2016.

Un manifestant réagit face à la police, à Harare, le 3 août 2016.

La police zimbabwéenne a dispersé mercredi à coups de gaz lacrymogène une manifestation de plusieurs centaines de personnes qui appelaient à la démission du président Robert Mugabe, à Harare, nouveau signe de la contestation qui grandit depuis plusieurs mois au zimbabwe.

Selon un journaliste de l'AFP, des officiers de police ont frappé des manifestants à coups de bâton avec de lancer des gaz lacrymogène sur la foule.

Quelque 200 personnes s'étaient rassemblées mercredi matin dans le centre de la capitale zimbabwéenne portant des fleurs en signe de paix et brandissant des panneaux "Mugabe doit partir".

Selon Promise Mkwananzi, un des organisateurs du rassemblement, cette manifestation n'était qu'un entraînement pour une "grève générale" prévue le 31 août.

"Les commerces seront fermés. Tout le monde doit participer", a-t-il déclaré à l'AFP.

Après avoir dispersé la manifestation, la police anti-émeute a été déployée dans le centre-ville.

La semaine dernière, Robert Mugabe avait prévenu que les manifestations contre lui étaient "inutiles" car elles s'achevaient "dans la violence".

"Quel est l'intérêt d'aller dans les rues avec l'intention de montrer que vous savez lancer des pierres? De viser la police avec des pierres, nous ne voulons pas ça", avait-il lancé. .

Robert Mugabe dirige d'une main de fer le Zimbabwe depuis 36 ans mais fait face à une vague de contestation inédite depuis plusieurs semaines, notamment contre sa politique économique.

De nombreux Zimbabwéens l'accusentde détruire l'économie du pays et s'opposent particulièrement à l'introduction de "billets d'obligation", une devise locale lancée en mai, à parité avec le dollar américain.

Cette mesure fait craindre un retour de l'hyperinflation qui avait laissé l'économie en lambeaux en 2008-2009, poussant le Zimbabwe à abandonner sa devise nationale.

Le gouvernement zimbabwéen, à court de devises, a également de plus en plus de mal à payer les fonctionnaires en temps et en heure.

Le mouvement de contestation a débuté sur les réseaux sociaux avec le mouvement non-partisan #ThisFlag ("Ce drapeau"), l'étendard zimbabwéen étant devenu un symbole de la grogne.

Le chef de l'état zimbabwéen a également subi des défections au sein de son propre camp, les anciens combattants, longtemps loyaux envers le président ayant dénoncé son comportement "dictatorial".

A 92 ans, Robert Mugabe est le plus vieux chef d'Etat au monde en exercice. Il compte se représenter à la présidentielle de 2018.

Avec AFP

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