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Nouveau report du procès de Bantous et Pygmées accusés de génocide en RDC


Des survivants de la communauté pygmée Bambuti dans le petit village de Mbau Mikereba, dans la forêt de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), 31 Août 2007. epa / PIERO POMPONI

Des survivants de la communauté pygmée Bambuti dans le petit village de Mbau Mikereba, dans la forêt de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), 31 Août 2007. epa / PIERO POMPONI

La justice congolaise a de nouveau repoussé la réouverture du procès de 32 Bantous et Pygmées accusés de crimes contre l'humanité et de génocide lors d'affrontements ayant opposés ces communautés au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, en 2013.

La Cour d'appel de Lubumbashi a accédé à une demande des parties civiles demandant trois semaines supplémentaires pour faire venir certaines victimes et leur témoins, avec l'aide de la Mission de l'ONU au Congo.

L'audience a été renvoyée au 27 juin.

Début avril, la cour avait décidé de "rouvrir" les débats du procès - qui s'étaient déroulés en l'absence de la majorité des victimes - après que le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH) eut exprimé sa préoccupation sur "la disproportion entre les chefs d'accusation et la manière dont l'instruction était menée".

La réouverture du procès avait été programmée pour le 16 mai, mais la cour, ayant constaté l'absence des victimes (originaires d'une région enclavée et dépourvue d'infrastructures), avait donné trois semaines supplémentaires pour leur permettre de rallier Lubumbashi.

Selon un journaliste de l'AFP présent au tribunal, l'annonce de ce nouveau report a entraîné une protestation véhémente dans le banc des accusés.

"Nous sommes fatigués des renvois. Ça fait plus d'un an que nous sommes en prison sans avoir rien fait. Vous allez finir par nous tuer en détention", a crié l'un d'eux aux magistrats.

Depuis 2013, le nord du Katanga (région grande comme l'Espagne morcelée depuis lors en quatre nouvelles provinces) a été le théâtre de nombreux affrontements entre Bantous de l'ethnie Luba et Pygmées du sous-groupe Batwa ayant entraîné un cycle de tueries, pillages, incendies de villages et déplacements de population.

Trente-quatre personnes accusées d'avoir participé à ces violences ont été arrêtées en plusieurs vagues à partir de mi-2014. Leur procès s'était ouvert en août 2015. Deux des accusés, mineurs, ont récemment été déferrés devant un tribunal pour enfants.

Avec AFP

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