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Nouveau refus de liberté conditionnelle pour le leader indépendantiste biafrais Kanu au Nigeria


Une manifestation en soutien au leader pro-Biafra Nnamdi Kanu, le 1er décembre 2015 à Abuja. (REUTERS/Afolabi Sotunde - RTX1WMPV)

Un tribunal nigérian a refusé une nouvelle fois jeudi d'accorder la liberté conditionnelle au militant indépendantiste biafrais Nnamdi Kanu ainsi qu'à trois autres prévenus accusés de "trahison", et détenus depuis plus d'un an.

M. Kanu, dont l'arrestation en octobre 2015 avait provoqué une vague de protestations dans le sud-est du Nigeria, a plaidé non-coupable.

"Je refuse la libération sous caution des requérants", a déclaré la juge de la Haute Cour fédérale à Abuja, Binta Nyako, ordonnant leur maintien en détention.

"Si les crimes pour lesquels les accusés sont jugés sont avérés, c'est très grave et ils sont passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité", a ajouté Mme Nyako.

C'est la quatrième demande de libération sous caution du militant indépendantiste rejetée par un tribunal. Les juges ont plusieurs fois émis la crainte que M. Kanu, qui a la double nationalité nigériane et britannique, ne se présente pas devant le tribunal s'il était libéré.

Le procès a été ajourné au 13 décembre. Le tribunal devra se pencher sur une nouvelle requête de l'accusation pour que le procès se fasse à huis-clos afin de protéger l'identité des témoins.

Plusieurs dizaines de militants pro-Biafra venus assister au procès ont été bloqués à l'extérieur du tribunal.

Nnamdi Kanu, directeur de Radio Biafra, basée à Londres, est notamment accusé d'avoir appelé sur les ondes à la sécession de certains Etats du Sud du Nigeria et à la création d'une "République du Biafra" indépendante.

Il dirige également le groupe interdit Peuple indigène du Biafra (IPOB), qui réclame l'indépendance du Biafra, région déshéritée du sud-est du Nigeria où le peuple igbo est majoritaire et théâtre d'une guerre civile meurtrière il y a un demi-siècle.

La sécession du Biafra, sept ans après l'indépendance du Nigeria, avait débouché sur un conflit féroce de trois ans (1967-70) et la mort d'environ un million de personnes, beaucoup ayant succombé à la maladie et à la famine.

Les partisans de M. Kanu ont organisé une série de manifestations à travers le pays ces derniers mois pour demander sa libération et la création d'un Etat indépendant pour les Igbo.

La semaine dernière, Amnesty International a accusé les forces de sécurité nigérianes d'avoir tué quelque 150 manifestants pro-Biafra au cours depuis un an, mais l'armée a rejeté ces accusations.

Avec AFP

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