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Des ONG lancent la campagne "Non au terrorisme, oui aux droits de l'Homme"


Le pays connaît depuis sa révolution en 2011 un essor de la mouvance jihadiste, qui a tué plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre et de touristes. Les policiers tunisiens ici en photographie le 8 mars 2016.

Le pays connaît depuis sa révolution en 2011 un essor de la mouvance jihadiste, qui a tué plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre et de touristes. Les policiers tunisiens ici en photographie le 8 mars 2016.

La lutte antiterroriste est compatible avec le respect des droits de l'Homme, ont affirmé jeudi 46 organisations tunisiennes et internationales lors du lancement d'une campagne destinée à sensibiliser l'opinion publique à la nécessité de respecter l'Etat de droit.

Parmi les participants à cette campagne intitulée "Non au terrorisme, oui aux droits de l'Homme", figurent la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et le syndicat UGTT, lauréats du Prix Nobel de la paix 2015, ainsi que l'ONG Human Rights Watch (HRW) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

Il s'agit notamment de "lever certains amalgames", a déclaré lors d'une conférence de presse à Tunis Amna Guellali, la représentante de HRW en Tunisie, relevant que dans la foulée de chaque attentat en Tunisie, "les défenseurs des droits de l'Homme se retrouvent dans le box des accusés".

VOA Afrique a joint Amna Guellali : "Ce qu'on veut interpeller surtout, c'est l'opinion publique, qui est dans une espèce de rejet des droits de l'Homme, qui pense qu'il faut une lutte acharnée à n'importe quel prix contre le terrorisme"

La Tunisie a été le théâtre en 2015 de trois attentats majeurs revendiqués par le groupe extrémiste Etat islamique (EI) et le 7 mars dernier, des dizaines de jihadistes ont attaqué des installations sécuritaires dans la ville de Ben Guerdane, près de la frontière libyenne.

Les ONG appelant au respect des droits de l'Homme -notamment à proscrire la torture et à garantir des procès équitables pour tous les suspects- sont régulièrement accusées de "blanchir le terrorisme" dans des médias et par des personnalités publiques.

"Nous voulons dire à l'opinion publique que les droits de l'Homme n'entravent pas l'action de l'Etat en matière de lutte antiterroriste", a ajouté Amna Guellali.

Au contraire, a-t-elle soutenu, le non-respect des droits de l'Homme conduit à "l'effritement des efforts" de l'Etat, citant notamment des perquisitions à large échelle accaparant les forces de l'ordre et "les prisons qui se remplissent d'innocents".

La campagne n'est pas dirigée "contre l'institution (sécuritaire) et l'Etat, elle est en harmonie totale avec l'Etat de droit", a insisté Ramy Salhi, du Réseau Euromed.

Dans le cadre de cette campagne, une "lettre ouverte" aux Tunisiens, expliquant notamment que "sacrifier les droits humains (...) nourrit" le terrorisme, doit être diffusée par toutes les organisations participantes. Des comptes ont également été créés sur les réseaux sociaux pour, entre autres, diffuser de courts spots vidéo mettant en scène des personnes victimes d'abus dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Avec AFP

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