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Nigeria : neuf suspects sous les verrous en rapport avec les attentats d’Abuja


Epave d'un des vécuhicules utilisés dans les attenats d'Abuja

Epave d'un des vécuhicules utilisés dans les attenats d'Abuja

La porte-parole des services nigérians de renseignement, Marilyn Ogar, dit que les neuf suspects ont un lien avec l’ancien leader militant du Delta du Niger, Henry Okah, actuellement en état d’arrestation en Afrique du Sud.

La police nigériane dit avoir arrêté neuf suspects en relation avec le double attentat à la voiture piégée de vendredi dernier à Abuja, contre la cérémonie du cinquantenaire de l’indépendance. Ces attentats ont fait 12 morts.

La porte-parole des services nigérians de renseignement, Marilyn Ogar, dit que les neuf suspects ont un lien avec l’ancien leader militant du Delta du Niger, Henry Okah, actuellement en état d’arrestation en Afrique du Sud. Leurs noms ne peuvent être révélés à ce stade de l’enquête en cours, a-t-elle fait savoir.

Selon Mme Ogar, les terroristes avaient planifié d’attaquer Abuja mercredi dernier, mais leurs plans ont été déjoués par les services de sécurité, qui ont retiré plus de 60 véhicules abandonnés près du site de la célébration du cinquantenaire. « Le principal objectif du groupe était d’empêcher la participation de visiteurs étrangers à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance », a-t-elle précisé.

Les services de sécurité ont désamorcé les explosifs sur le lieu du défilé à l’aide d’équipement électronique, a révélé la porte-parole des services du renseignement. Mais étant donné la multitude de véhicules garés près du lieu de cérémonie le jour même, les terroristes ont pu mettre en place deux voitures piégées, a-t-elle indiqué.

Le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND), qui a revendiqué l’attaque d’Abuja, dit que le Nigéria n’a rien à célébrer « après 50 ans d’échec » illustrés par les populations et l’environnement délaissés dans le delta riche en pétrole.

A la question de savoir si les neuf suspects sont des éléments du MEND, Marilyn Ogar a seulement souligné leur lien avec Henry Okah, qui a été inculpé en Afrique du Sud dans le cadre de la loi contre le terrorisme.

Le président nigérian Goodluck Jonathan affirme, de son côté, que l’attaque n’est pas l’œuvre des militants du Delta du Niger, mais celle d’un petit groupe terroriste à l’extérieur du Nigéria utilisant les litiges du Delta comme couverture. « Les gens utilisent tout bonnement le nom de MEND pour camoufler la criminalité et le terrorisme », a-t-il déclaré.

Certains ex-militants qui ont rejoint le programme d’amnistie semblent appuyer la thèse du président. C’est le cas de Cross Ebikosore, un ancien commandant du principal groupe militant dans le Delta. « Nous ne savons pas qui sont les auteurs des attentats. Tous les membres du MEND des Etats de Delta et Bayelsa sont étonnés par cette attaque, que nous n’approuvons nullement. Ceux qui attaquent Abuja ne défendent en aucun cas nos droits. Ils sont à la recherche d’un autre genre de chose qui leur est propre », a déclaré Ebikosore.

Des milliers d’ex-combattants ont pris part au programme d’amnistie débuté l’an dernier, proposant des bourses mensuelles, des formations et promettant un meilleur investissement dans les infrastructures du Delta. Certains de ces militants estiment à présent que le gouvernement n’a pas tenu parole.

La violence a repris en mars 2009, quand une voiture piégée a explosé près du lieu d’une réunion consacrée à l’amnistie.

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