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Niger/Présidentielle : l’opposition refuse de signer le "Code de bonne conduite"


Une manifestation de l'opposition à Niamey, au Niger, le 1er novembre 2015.

Une manifestation de l'opposition à Niamey, au Niger, le 1er novembre 2015.

L'opposition nigérienne déclare, à travers ce refus, protester contre "la détention arbitraire", depuis plus d'un mois, d'une dizaine de ses militants.

Ousseïni Salatou, porte-parole de l'opposition nigérienne, a déclaré sur des radios et télévisions locales que son camp refusait de signer un "Code de bonne conduite" dans la perspective du scrutin présidentiel du 21 février, pour protester contre "la détention arbitraire", depuis plus d'un mois, d'une dizaine de ses militants.

Ce "Code" vise à favoriser des élections "apaisées" en encourageant les partis "à éviter toutes formes de violence" et à s'abstenir "d'actions susceptibles de compromettre le bon déroulement" du processus électoral. Il a été signé mercredi au siège du gouvernement par les partis de la majorité au pouvoir et les non-affiliés, sous l'égide du National democratic institute, (NDI), une ONG américaine, d'après la télévision d'Etat du Niger.

Lors des élections générales de 2011, tous les partis avaient signé ce type de Code.

"Nous ne pouvons pas signer ce code alors que nos camarades sont en prison, si on les libère aujourd'hui, nous sommes prêts à le signer", a expliqué M. Salatou.

Fin décembre, l'opposition nigérienne avait dénoncé "des arrestations extrajudiciaires" de plusieurs de ses membres menées selon elle par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGDSE), directement rattachée à la présidence de la République, pour "des raisons encore inconnues".

Elle a indiqué que la plupart des détenus sont des proches de l'opposant Hama Amadou, lui-même incarcéré depuis mi-novembre pour son implication dans un trafic présumé de bébés.

Selon le ministre de la Défense Mahamadou Karidjo, "dix civils" ont été arrêtés "pour vérification sur leur implication éventuelle" dans un coup d'Etat que le président nigérien Mahamadou Issoufou affirme avoir déjoué mi-décembre.

"Certains de nos camarades font l'objet d'arrestations, d'emprisonnement et de harcèlements de toute nature", a relevé Seïni Oumarou, le chef de l'opposition et candidat à la présidentielle dans une lettre au Premier ministre Brifi Rafini datée du 26 janvier.

"Les conditions ne sont pas réunies pour des élections transparentes, crédibles et inclusives" et "la signature d'un Code de bonne conduite nous parait prématurée", a estimé M. Oumarou dans cette lettre transmise à l'AFP.

Les militants détenus ont été "transférés" dans différentes prisons du pays, a indiqué Amadou Boubacar Cissé, autre opposant et candidat à la présidentielle où le président Issoufou briguera un second mandat, lors d'un rassemblement des opposants mercredi à Niamey.

Avec AFP

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