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Nigeria : un appel aux autorités pour assister les anciennes otages de Boko Haram


Les parents des filles enlevés à Chibok pleurent lors de leur rencontre avec le président Muhammadu Buhari à la villa présidentielle à Abuja, au Nigeria, 14 janvier 2016

Les parents des filles enlevés à Chibok pleurent lors de leur rencontre avec le président Muhammadu Buhari à la villa présidentielle à Abuja, au Nigeria, 14 janvier 2016

L’appel est lancé par un groupe d’experts des droits de l'Homme des Nations unies qui vient d’effectuer une mission de cinq jours dans le nord-est du Nigeria durement touchée par l'insurrection islamiste.

Trois rapporteurs spéciaux onusiens des droits de l'Homme ont déclaré qu'il était "urgent" que "des mesures effectives soient prises pour faire face à la stigmatisation, à l'ostracisme et au rejet dont sont victimes les femmes et les enfants" suite à leur enlèvement.

Ils recommandent que plus d’initiatives en termes de cohésion sociale et de réconciliation démarrent dès maintenant et s'intensifient au moment où les gens commencent à rentrer.

L'enlèvement de femmes et de jeunes filles ainsi que la conscription forcée d'hommes et d'adolescents font partie des tactiques très utilisées par Boko Haram, dont l'insurrection a débuté en 2009.

L'enlèvement de plus de 200 lycéennes de leur pensionnat de Chibok, une petite ville du nord-est, en avril 2014, fut le plus médiatisé.

Toutefois les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé à plusieurs reprises le kidnapping de plusieurs autres milliers de femmes et de fillettes, parfois mariées de force et souvent victimes de violences physiques et psychologiques.

Suite à une offensive de l'armée l'année dernière, des centaines d'otages de Boko Haram ont retrouvé la liberté. Nombre d'entre elles ont été placées dans des camps de déplacés ou certaines ont pu recevoir un soutien psychologique.

Mais subsiste la crainte qu'elles soient rejetées lors de leur retour, dans cette région musulmane très conservatrice.

Les trois émissaires, spécialisés dans la protection de l'enfance, l'esclavage moderne et les questions de santé, ont salué les efforts réalisés par le Nigeria pour retrouver les otages.

Mais "le manque d'informations sur l'évolution des recherches des personnes enlevées, dont les filles de Chibok" reste très préoccupant, ont-ils estimé.

Parmi les mesures qui doivent être mises en place, les émissaires ont évoqué la construction d'infrastructures scolaires et médicales, dans une région où des écoles ont souvent été rasées ou bien recyclées en camps pour déplacés, et les hôpitaux ont été attaqués.

Le président Muhammadu Buhari a affirmé le mois dernier que Boko Haram avait été vaincu "techniquement".

L'insurrection islamiste a déjà fait plus de 17.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés.

Avec AFP

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